dimanche 11 décembre 2011

Les politicos awards 2011


Les oscars sont au cinéma ce que les grammys sont au monde la musique. La politique, elle, sérieuse et parfois démagogique, n’est pas un lieu où les récompenses publiques sont usuelles. Pour réparer cette injustice, voici les Politicos awards 2011  ou un petit classement sérieux et  loufoque de nos gouvernants qui ce sont illustrés cette année.

Le Politico 2011 du meilleur Show politique comique est décerné à : la course à l’investiture républicaine.
Ici  on ne parle pas de loft Story ou encore de la star académie mais bien de gens qui peut être s’apprêtent à diriger la première  puissance du monde. Mais, devant les scandales sexuels (oui ce n’est pas loft story) et  leur niveau de culture général pathétique, le comique pourrait vite tourner au cauchemar advenant que l’un deux s’installe à la maison blanche.

Le prix Politico du couple de l’année est  adjugé aux: Merkozy.
Ils sont devenus au monde politique ce que Brad et Angélina Jolie sont à l’univers people. Le glamour mis de côté, ils sont dans tous les médias crise de l’euro oblige.

Le politico 2011 du prédicateur de l’année est adjugé de manière posthume à : Mouammar Kadhafi.
Le dictateur prédisait que les ennemis de son pays n'étaient que des rats que l'on déterrerait avant de les faire expier. Kadhafi ne pensait surement pas qu'il était entraint de parler de son propre destin. Avec la triste fin qu'il a connu en sortant d’un égout, l'on peut dire que la nouvelle Lybie commence mal son chemin vers la démocratie.  

Le prix du slogan politique 2011 est décerné à : X dégage.
X pour le président en question (Moubarak, Ben Ali, etc.…). L’année n’a pas été de tout repos pour nos satrapes arabes qui au mieux pour certains ont fini exilés et d’autres au pire lynchés par la foule. Des gens comme Poutine devrait en prendre de la graine.

Le politico 2011 de la mise en scène politique est adjugé à : Vladimir poutine.
On le connaissait karatéka, pilote d’avion de chasse ou de formule 1, maintenant il devient scénariste au service de sa probable futur réélection. Comme dans un mauvais remake du film le retour du roi, Vladimir Poutine a tout au long de l’année manigancé son retour à la tête de la Russie en 2012.

Le prix  politico  2011 de l’acteur x  est adjugé à : Dominique Strauss Khan.
Jusqu’à là mi année, nombreux le voyaient en 2012 à la tête de la France. Malheureusement pour lui et heureusement pour ses concitoyens – ils auraient eu comme président un détraqué sexuel – sa libido lui a joué un bien mauvais tour dans une chambre d’hôtel new yorkaise.  Viol sur Nafissatou Diallo, complot ? L’avenir nous le dira.

Le prix du mouvement politique 2011 est décernée aux : indignés.
Inspirés pas Stephan Hessel, les indignados espagnols ont lancé le mouvement avant de voir le reste de la planète leur emboiter le pas. Aux États-Unis, on a vu les occupy wall street  apparaître avec leur célèbre slogan «  nous sommes les 99% et vous le 1% ». Peut être que Marx avait finalement raison, l’histoire se résume en une éternelle lutte des classes. 

Et pour finir, Le prix Politico du meilleur politicien 2011 est décerné à : Angela Merkel.
Capitaine Merkel, la sauveuse de l’Euro ? Peut être bien que l’histoire retiendra cela d’elle. Cette année a été la sienne. À la tête de l’Allemagne, première économie d’Europe, elle tente tant bien que mal de sauver la zone euro de la débâcle.

En espérant que vous avez aimé, les politicos awards 2011 tirent le rideau sur cette année. Bon nouvel an et si vous avez survécu à la date fatidique du 21 décembre, venez nous lire pour le classement 2012. 

mardi 6 décembre 2011

Tensions en mer de Chine



Pour de nombreux historiens et autres politologues, cette année restera surement comme l’une des plus houleuses de ce début de siècle. Des révolutions arabes à la crise aigue au sein de l’union européenne et sans oublier le risque de guerre Israélo-iranien persistant au moyen orient,  2011 n’a en effet pas été de tout repos. Mais, de tous ces soubresauts, une suite d'évènements passée presqu’inaperçu aux yeux des médias est d’une importance capitale. Les deux premières puissances de la planète – américaine et chinoise – se sont lancées dans une surenchère d’annonces, d’actions militaires et d’alliances pour ce qui risque fort bien d’être l’enjeu géopolitique majeur de ces prochaines années – le contrôle de la mer de Chine.

Mais tout d’abord le contexte : la mer de Chine méridionale qui borde à peu près 6 pays (Chine, Vietnam, Indonésie, Malaisie, Brunei, Philippines tandis que les États-Unis se posent en arbitre) est le principal chemin emprunté par les navires marchands au monde. Contrôler cet axe revient à contrôler le poumon économique planétaire en matière de transports de marchandises par voies maritimes. De plus, des ressources pétrolières y ont été découvertes ce qui ne fait qu’aiguiser un peu plus l’appétit des pays riverains et surtout des géants américains et chinois tant énergivores.

Peu à peu des forces belliqueuses se mettent en place dans la région. En novembre, Barak Obama annoncait que les marines américains disposeraient dorénavant d’une base permanente en Australie – en plus de leur présence militaire au Japon et en Corée du Sud. Diplomatiquement, Hilary Clinton vient d’effectuer une visite mémorable en Birmanie qui à terme devrait aboutir à une normalisation des relations Étatsuniennes avec la junte de Rangoon. Il est triste de voir que des considérations géopolitiques – encerclement et affaiblissement des Chinois dans la région – conduisent l’Amérique à traiter avec l’une des dictatures les plus oppressives de la planète. Mais, là n’est pas la fin ; même les plus forts alliés de l’empire du milieu prennent leurs distances. Le Vietnam « communiste » effectue un rapprochement tout azimut avec la Corée du sud « américaine » ; pays  avec lequel elle avait des relations tendues depuis la guerre du Vietnam.

Les Chinois aussi ne sont pas en reste. Ils ont beaucoup investi dans la modernisation de leur marine nationale pour rattraper la supériorité américaine. En Aout dernier, le premier porte avion de l’empire du milieu battait pavillon. Le phénomène le plus intéressant dans ce manège géopolitique est sans nul doute le retournement des alliances diplomatiques. Le Pakistan, important allié américain en Asie, ennemi viscéral de l’inde – pays qui fut très longtemps parrainé par les communistes – est sur le point de permettre aux chinois de construire une base navale militaire dans son pays.

La montée vertigineuse de la puissance économique chinoise est entrain de la conduire inexorablement  à prendre de plus en plus d’espace dans le jeu géopolitique international. En quelques sortes, les chinois veulent occuper la place qui « leur revient de droit » et n’entendent plus laisser aucune puissance étrangère venir faire la loi « dans leur arrière cour ». Mais faut-il pour autant penser qu’ils deviennent de plus en plus arrogants ? Non et ce serait pure hypocrisie que de le dire. En matière de relations internationales, les États sont là pour défendre leurs intérêts dans la mesure de la légalité. Au XIXème siècle, les États-Unis – alors une petite puissance en devenir - ont suivi la même trajectoire pour imposer leur main mise sur le continent américain face aux vieilles puissances européennes.

Aujourd’hui, nous faisons donc face à une Chine voulant s’assurer du contrôle des espaces qui la jouxte et d’une Amérique soucieuse de préserver ses intérêts dans la région tout en freinant l’expansion de sa concurrente. On a bien l’impression qu’un engrenage pouvant mener à un affrontement direct est entrain de se mettre en place. Mais nous ne sommes pas obligés d’en arriver là. Dans l'intérêt de tous, Américains et Chinois doivent comprendre qu’ils ont plus à gagner à travailler ensemble qu’à s’affronter. Espérons que 2012 ne verra donc pas l’éclatement d’un conflit ouvert dans cette région du monde.

mardi 25 octobre 2011

un colonel nommé Kadhafi



Ces derniers jours, de nombreux commentaires, de nombreuses réactions et de nombreux témoignages apparaissent sur les réseaux sociaux autours de la mort du guide libyen. Personne ne mérite le sort qui lui a été réservé à sa fin. Devant la barbarie des vidéos qui circulent sur internet, le peuple tripolitain et surtout les dirigeants du CNT auraient du agir avec grandeur d’esprit. Lui accorder un traitement digne de son rang ; un jugement juste et équitable aurait été le meilleur moyen d’amorcer la nouvelle Lybie juste et démocratique à laquelle ils aspirent tant.

Cependant, le passé du guide ne peut être occulté. Devant le révisionnisme historique et le nouveau culte de sa personne qui est entrain de naître, il est très important de rappeler que Mouammar Kadhafi n’est pas le  « héros » anti-impérialiste que beaucoup de personnes veulent voir mais un dictateur de la pire espèce ayant dirigé son pays d’une main de fer pendant 42 ans!

Pourtant, ce jeune officier qui en 1969 participa au renversement de la monarchie corrompue et désuète du roi  Idris 1er avait tout pour marquer l’histoire positivement. Très tôt marginalisé par son mentor  le grand Nasser – il voyait en lui un jeune officier instable –, Kadhafi va vite s’accaparer de tous les pouvoirs et se déclarer guide du peuple, premier signe de sa mégalomanie.

Pendant 42 ans, il aura contribué à abrutir son peuple par sa rhétorique révolutionnaire et incohérente. Changeant au gré de ses lubies – et de ses échecs à se faire aimer par ses pairs – il a été le fervent adepte d’un panarabisme, d’un panafricanisme et pour finir d’un rapprochement tout azimut avec les chancelleries occidentales. Pour en revenir à son peuple, Kadhafi n’a pas hésité à assassiner des milliers d’opposants politiques – où est la démocratie? – dont le tristement célèbre massacre de juin 1996 à la prison d’Abou Salim qui fit un millier de mort.

Économiquement, avec une analyse cohérente, l’épisode Kadhafi est un  semi-désastre pour la Lybie. Il a accaparé les ressources financières – Kadhafi avait des comptes personnels chiffrés en centaines de millions de dollars - du pays dont il a orienté les politiques au gré de son humeur changeante. Tantôt il a financé le terrorisme tantôt il a aura tenu dans ses mains quelques états d’Afrique subsaharienne. Dans ce dernier exemple, Khadafi a beaucoup investi au sud du Sahara c’est vrai! Mais s’il la fait ce n’est point par humanisme, ni même par mercantilisme. Il l’a fait pour assouvir sa mégalomanie et pour faciliter son accès au statut de « roi des rois d’Afrique ». Aussi, même s’il est vrai que la Lybie est l’un des pays les plus économiquement avancés de son continent, il est erroné de le comparer à ses voisins africains. Avec ses ressources pétrolières et son nombre d’habitant extrêmement faible pour un tel territoire, il faudrait plutôt le comparer à la Norvège par exemple. Si la manne pétrolifère libyenne avait été correctement utilisée – et non en grande partie détournée par le guide et sa clique -  le pays et le niveau de ses habitants se situeraient à des années lumières en avant ce qu’il est aujourd’hui.

Triste fin pour Kadhafi. Malheureusement, avec quatre décennies passées à la tête de son pays, ses frasques et ses abus en tout genre, le personnage est devenu détestable. S’il avait été plus pragmatique, il aurait pu tranquillement et ironiquement mourir dans son lit. Tel un Pinochet, il aurait du avoir l’intelligence de transférer le pouvoir à des instances démocratiques il y de cela quelques années. Une nouvelle page s’ouvre pour la Lybie et pour l’Afrique en Général. Une Page où ses dirigeants devront rendre compte de leurs actes ; une époque où comme dans toute démocratie normale, il ne peut y avoir de potentat qui s’éternise au pouvoir.

mardi 18 octobre 2011

Ils se sont fait remarquer ces derniers jours

5e: En Ukraine, l’on dirait bien qu’il n’y qu’un pas à franchir entre le statut d’égérie et de prisonnière politique. Ioulia Timochenko, ex première ministre et héros de la révolution orange, vient d’en faire l’amère expérience. Accusé d’avoir abusé de ses fonctions pour signer de juteux contrats avec les gaziers russes, elle vient d’écoper de sept de prisons et d’une amande monétaire.  Quand l’on sait que la dame à la tresse est idéologiquement antirusse et proche de l’Union européenne, cette condamnation ne peut laisser indifférent. La seule certitude que l’on puisse avoir c’est que Viktor Ianoukovitch – président actuel et principal adversaire politique de Timochenko – peut dormir sur ses deux oreilles en attendant les législatives de 2012.
4: elles sont trois et elles viennent de remporter le prix Nobel de la paix. Ellen Johnson Sirleaf, Leywah Gbowee, Tawakkul karman respectivement présidente du Libéria, Militante de la paix dans ce même pays et journaliste yéménite ont succédé à Barak Obama en 2011. Chapeau à ces dames qui œuvrent pour la démocratie et la paix dans leur pays. Espérons que dans le futur l’on verra plus de femmes sur le devant de la scène politico-médiatique car elles ne cessent de prouver que bien souvent, elles font beaucoup mieux que les hommes.

3: les chemins du destin sont parfois insondables. Il n’y a même pas de cela un an, aucune personne crédible n’aurait pu prédire que François Hollande aurait représenté les socialistes à la présidentielle française de 2012. Mais, sur le chemin de la primaire, certains éléphants du parti n’auront pas su tenir leur libido en laisse et d’autres auront perdu l’estime de leurs compatriotes. François Hollande, bonhomme sympathique, est dans son cas revenu de loin. Il lui aura fallu une cure d’amaigrissement, de la tenue et un zeste de sobriété pour convaincre les Français qu’il était le candidat socialiste idéal. Dans son style aux antipodes d’un Nicolas Sarkozy, la bataille pour l’Élysée promet d’être rude.

2: En attendant le tour d’un Bachar AL-Assad ou d’un Ali Abdullah Saleh, Mouammar Kadhafi, dictateur déchu, court toujours. Pendant que les enfants jouent à  «  Where’s Waldo » les adultes eux cherchent l’ex Guide perdu dans la nature ou plutôt l’immensité du désert libyen. Brillant par son absence physique, il a ces dernières semaines exhorté à travers des déclarations audio ses fidèles à se battre et mourir pour lui. À croire que le guide est réellement fou, car un retournement de situation en sa faveur est impossible! Et tan mieux.

1er : Il est rare qu’un évènement apparaisse dans notre classement mais celui-ci mérite d’être souligné. Cette semaine, le mouvement des « indignés » mondiaux, dérivé des indignados espagnols a battu le pavé des grandes métropoles occidentales. Même s’il relève du folklore et même sombre dans la violence dans certaines villes – ce qui est regrettable – ce collectif a au moins le mérite de nous rappeler que le capitalisme actuel est malade. L’économie de marché est nécessaire et a démontré par le passé qu’elle est le meilleur moteur de création de richesse pour les peuples. Mais, la nouvelle donne écologique, les dérives de la finance mondiale devraient amener les dirigeants de la planète à entreprendre de profondes réformes pour résorber les iniquités sociales afin d’éviter les révoltes populaires. Les époques changent alors citoyens de tous les pays, unissez vous!

mardi 13 septembre 2011

10 ans après!


Une décennie s’est écoulée depuis ce matin macabre de septembre 2001. Personne n’a oublié les images des tours américaines en feu à New York, mais personne ne s’attendait non plus à ce que la dernière décade aboutisse sur le monde d’aujourd’hui. De décisions risquées en action hasardeuses, les Américains, de par leur riposte face au terrorisme, ont contribués à l’émergence de nouvelles réalités géopolitiques. Des acteurs ont gagné en influence ces dernières dix années alors que d’autres ont perdu de leur aura.

Tout d’abord, du côté des « perdants » l’on ne peut écarter un pays comme les États-Unis. Même si l’on peut penser qu’ils ont gagné militairement leur guerre face au terrorisme, ce pays en ressort économiquement et socialement meurtri. Cette lutte aura couté au budget américain quelques 5000 milliards de dollars! Dans un pays où l’éducation supérieure de qualité est presque inaccessible à cause de ses coûts exorbitants et où 1/6 de la population n’a pas accès à une couverture maladie, cet argent aurait pu être bien mieux utilisé. Pire, quand on s’imagine que la plus grande partie de cette somme a été financée par l’emprunt étranger, les États-Unis sont donc liés à d’autres nations par un engagement financier qui ne fait qu’éluder un peu plus leur influence à l’international. Leurs alliés de l’OTAN sont lotis à la même enseigne, cette guerre leur aura couté en argent, en hommes et en confiance.

En observant le rapport de force actuel au moyen orient et dans le monde, des pays qui n’avaient rien à avoir avec le conflit de départ sont les « gagnants » de ce début de décennie. Les Chinois, encore et toujours eux, n’auraient sûrement pas raflé autant d’influence ces dernières années si le géant américain n’avait pas les pieds et points liés dans ses deux guerres moyen-orientales. La Turquie, première démocratie musulmane en orient, a su profiter de l’affaiblissement de l’Irak de Saddam Hussein, de la mise en joue de l’Iran des Ayatollah et de la débâcle récente du dictateur égyptien Moubarak -conséquence de cette folle décennie passée- pour s’imposer comme pays phare dans ce coin de monde.

Sans nul doute, de nombreux autres pays, en lien direct avec la guerre anti-terroriste, ont vu leurs intérêts avancer ou reculer durant ces dix dernières années. Mais, on ne les cite pas souvent, les pays qui ont accueilli ou jouxté les combats sont ceux qui ont le plus sombrer dans l’abîme. On leur avait promis liberté, stabilité, démocratie, mais ils n’auront eu qu’instabilité et situations précaires. L’Irak de l'ex dictateur Saddam Hussein est devenu aujourd’hui le terrain de jeu de nombreux kamikazes et autres illuminés. Quant à l’Afghanistan, la réalité n’y est guère mieux. L’avenir y est encore plus sombre quand l’on sait que la coalition internationale qui y assurait une stabilité assez bancale est entrain de faire ses bagages pour quitter le pays. À ce jeu des alliances, le Pakistan aura surement été le grand perdant de la décennie. Cette puissance nucléaire se retrouve confrontée à une insurrection quasi générale à ses frontières ; situation qui peut la faire tomber à tout moment aux mains d’extrémistes de tous bords.

En bref, cette décennie aura été féconde pour l’histoire. Les guerres et les crises économiques ont accéléré le remodelage de la géopolitique internationale. De Nombreux pays ont perdu de leur puissance alors que d’autres n’attendent que le moment pour s’affirmer un peu plus. Avec le recul, Il est a parié aujourd’hui que si c’était à refaire certaines décisions passées – l’invasion de l’Irak par exemple – auraient été avortées. Nul ne peut prévoir exactement ce que la prochaine décade nous réserve, mais l’on peut dire que la tendance actuelle menant à un monde multipolaire est bel et bien en marche.

vendredi 26 août 2011

Croissance, démocratie et révolutions

Les évènements actuels en Libye ne peuvent nous laisser de marbre. Cet État caméléon un moment honni, un autre moment adulé s’est de nouveau retrouvé au banc des nations. Il est peu probable que Kadhafi revienne au pouvoir et il serait triste que le monde et surtout les pays en voie de développement ne retiennent aucune leçon de ce que fut la Jamahiriya islamique.

Le principal enseignement que l’on peut retenir de sa chute c’est que tout développement économique n’étant pas accompagné du respect des droits humains  et de démocratie n’est qu’un mirage. L’année dernière, l’ONU félicitait la Lybie et Mouammar Kadhafi pour son indice de développement humain de loin « supérieur » à des pays comme la Turquie ou le Brésil. Aujourd’hui, le nuage de fumée est tombé et l’on peut constater que ces derniers ont une dynamique de croissance beaucoup plus solide que le premier. Au brésil et moindrement en Turquie, la liberté d’expression, le respect des droits humains et surtout la démocratie sont fortement installés et sont les garants du développement économique.

S’il est bien un pays qui se doit absolument de retenir la leçon libyenne, c’est la Chine. Il est évident que ces deux États sont différents, mais le manque de culture démocratique et de respects des libertés y sont à peu près pareils. En Chine, au moins,  le risque de dérive dynastique est absent car l’État n’est pas représenté par un seul homme et sa famille mais par tout un parti politique à savoir le parti communiste. À par cette exception, si le pays n’amorce pas une douce transition vers la démocratie, il risque un jour de se retrouver dans un scénario à la Libyenne ou la tunisienne.

La beauté de la démocratie est qu’elle accorde à tous les citoyens des libertés fondamentales et le droit de s’exprimer par des voies pacifiques. Quand celle-ci est inexistante, le peuple accumule les brimades en silence car toute revendication conduit inévitablement à des répressions brutales. Dans cette situation, l’Étincelle de trop conduira  à l’effondrement de l’État totalitaire au cours d’une révolution comme celles qui se déroulent dans le monde arabe.  De trop nombreuses nations ont connu un succès fulgurant sur le cours terme mais n’ont pu continuer sur cette tendance car elle n’avait pas pu installer une culture démocratique en leur sein. Ce fut le cas de l’Union Soviétique à ses débuts et c’est le cas de la Côte d’ivoire aujourd’hui.

L’implosion Libyenne n’est que le triste résultat d’une quarantaine d’années de dictature et de répression brutale. Si la démocratie y existait, si la liberté d’expression y était possible, les libyens auraient tout simplement changé le gouvernement en place par des élections et l’on aurait pas assisté à la guerre actuelle. Mouammar Kadhafi a échoué dans sa tache. Comme tant d’autres, il n’a tout simplement pas compris que le respect des droits humains était le principal gage de stabilité donc de développement à  très long terme d’un pays.

Espérons que les États du tiers monde qui connaissent aujourd’hui un développement remarquable mais qui peinent à changer leur système totalitaire sauront tirer la leçon suivante : l’argent fait surement le bonheur mais  sans justice et liberté la déchéance est inévitable.

dimanche 14 août 2011

Ils se sont fait remarquer ces derniers jours


5è : Il cavaliere est de retour sur le devant de la scène. Cette fois, au moins, ce ne sera pas pour ses prétendues relations sexuelles avec mineurs ou autres frasques dignes d’un don juan raté. L’Italie est en crise ; Silvio Berlusconi en plus de lui appliquer une cure d’austérité budgétaire s’y comporte comme un dictateur tropical. Dans les coulisses du parlement Italien, il vient d’y faire voter une loi stipulant que dorénavant tout avocat peut présenter un nombre illimité de témoins devant une cours de justice. En Italie, les mafieux et le cavaliere doivent être bien heureux. Pour donner l’exemple, il n’y a plus d’obstacles à ce que le verdict du Rubygate tombe en 2050!

4è : Si le Sénégal est connu pour sa culture, ses plages ou son hospitalité, il est aussi en Afrique, l’un des rares pays qui peut se targuer d’avoir une démocratie plus ou moins fonctionnelle. Son très « vieux » président vient d’en faire l’amère- expérience. Abdoulaye Wade, 83 ans, pensant avoir trouvé l’idée du siècle pour faciliter sa réélection ou celle de l’un de ses proches à la prochaine présidentielle sénégalaise vient d’être débouté par la rue. En effet, il a essayé de réformer la constitution pour y introduire de nouvelles dispositions qui ont été catégoriquement rejetées lors d’importantes manifestations populaires à Dakar. Dans la force de l’âge, l’on se demande bien ce que monsieur Wade peut encore apporter au Sénégal?

3è : il est bien difficile d’être le président de la première puissance planétaire. Ces derniers temps, Barak Obama fait face à une multitude de problèmes qui viennent secouer son mandat. De la crise économique à la réforme phare de sa présidence, soit celle de l’assurance maladie, ses obstacles semblent bien insurmontables tant les républicains lui mettent des bâtons dans les roues. Pauvre Amérique, alors que le navire prend l’eau de tous cotés, ses dirigeants semblent plus préoccupés à se chamailler stérilement qu’à travailler à faire regagner au pays son prestige d’antan.

2è : Souvent, un dictateur peut bien en cacher un autre. Alors que le gros des efforts de la communauté internationale est tourné vers la Lybie de Mouammar Kadhafi, Bachar El Assad lui peut se donner à cœur joie à son jeu favori qui se résume à casser du manifestant. Le président syrien a perdu toute crédibilité et ne mérite plus d’être à la tête de sa nation. L’histoire se rappellera surement de lui comme d’un barbare ayant exterminé des centaines de jeunes manifestants au char d’assaut.

1: De Damas à Londres,  même si les causes ne sont pas pareilles, la révolte populaire gronde. David Cameron est subitement passé du donneur de leçons à celui qui doit prendre des décisions fortes pour arrêter les émeutes qui secouent son pays. Contre toute attente, il a privilégié un discours de fermeté et annoncé qu’il n’y aura aucune tolérance à l’égard des émeutiers. Il est vrai que les casseurs n’ont aucune excuse, mais condamner à tout va est une vision simpliste et ridicule de ce phénomène social et ne résoudra pas les problèmes de l’Angleterre. Dans leur intérêt, les Britanniques devraient essayer de comprendre les raisons qui ont conduit ces jeunes à se comporter de la sorte.

jeudi 4 août 2011

Une farce américaine

De justesse les Américains viennent de trouver un accord sur le financement de leur dette et de justesse ils viennent de s’éviter surement – ou du moins ils l’ont repoussée – une récession économique. Au terme de cette tragicomédie politique version US, le pays en ressort largement discrédité aux yeux de l’opinion internationale et du monde de la finance en particulier. Politiquement et économiquement, l’Amérique est entrain de faillir.

Tout d’abord, l’une des plus vieilles démocraties de la planète nous avait habitués à mieux au sommet de son monde politique. Dernièrement, républicains et démocrates ont passé plus de temps à se crêper le chignon qu’à travailler sérieusement à résoudre les trop nombreux et trop gros défis  auxquels sont confrontés les USA. Plus précisément sur cette crise de la dette, il était évident que le Grand Old Party aurait accepté le plan Obama dès le départ pour éviter la banqueroute du pays. Alors pourquoi avons-nous assisté à tout ce cirque ? Par calculs et par bassesse politique.  Les républicains qui se vantent tant de vouloir réduire le déficit américain ont en vérité été ceux qui ont relevé à plus de reprises  durant leurs mandats présidentiels le plafond de la dette et sont aussi ceux qui ont accordé le plus de réductions d’impôts ayant contribuées au gouffre actuel. Ne rappelons pas non plus qu’ils sont à l’origine des deux dernières guerres américaines qui ont fait exploser le budget de l’État fédéral. Pis, ils préconisent encore aujourd’hui des réductions d’impôts – en vérité ces dernières profitent en général à la portion d’Américains les plus riches – qui certainement viendront rallonger le déficit public. Dans un pays où 1/6 des habitants n’ont pas d’assurance médicale et où de nombreux retraités ne peuvent vivre sans leurs pensions il est irresponsable de voir que les républicains préconisent encore et toujours moins d’État tout en sachant que le résultat sera encore plus de leurs concitoyens laissés sur le carreau.

Ensuite, même si le problème est essentiellement américain, les conséquences de la déliquescence de ce pays risquent d’être mondiales. En effet, avec à peu près 25% du PIB mondial, quand le colosse américain éternue, c’est la planète qui s’enrhume! Ces raisons justifient largement l’alarmisme que certains pays ont témoigné devant la farce politique qui se jouait à Washington. Aujourd’hui, les Chinois doivent bien se mordre les doigts de posséder autant de bons du trésor américain. Les Européens, quant à eux, avec toutes les difficultés qu’ils ont à maintenir leur Union auraient surement vu leurs efforts voler en éclats avec une autre récession économique venue des États-Unis.

Envers leurs citoyens mais aussi envers la planète entière les politiciens américains ont des responsabilités. Dans le contexte économique difficile où l’on vit, aucun prétexte d’affolement ne doit être donné ni aux marchés ni aux spéculateurs ; aux risques de voir le monde replonger dans la crise.  Au lieu de se chamailler stérilement, les éminentes personnalités à Washington devraient plutôt s’attaquer au problème de la réduction de la dette de leur nation. Les républicains doivent arrêter les déclarations démagogiques stipulant que moins d’impôts et moins d’État sont les solutions miracles. Quant à eux, les démocrates, même s’ils veulent lever des impôts, ceux-ci ne doivent pas toucher les américains les plus fragiles mais plutôt servir à offrir le plus de services possibles sans gaspillage. Au pays de l’oncle Sam, Le retour à une croissance économique pleine et durable passe forcément par des mesures innovantes et inédites comme une meilleure consommation et une redistribution des richesses plus équitables.

L’Amérique ne peut pas s’amuser et ne doit pas succomber à des luttes partisanes comme on vient d’en vivre. Ses politiciens doivent se ressaisir car dans notre village planétaire, tout le temps perdu ou toutes les décisions économiques irresponsables qu’ils prendront auront tôt ou tard une répercussion sur nos vies.   

mardi 2 août 2011

dimanche 24 juillet 2011

La crise qui arrive



D’Athènes à Washington en passant par Rome ou encore Lisbonne, les médias n’ont qu’un mot à la bouche pour nous apeurer, la dette! À juste titre, si ce problème n’est pas résolu,  nous risquons fort bien de rentrer dans une seconde phase de la crise économique de 2008. Cette fois, les dommages seront bien plus importants car ce seront les États et non le secteur privé qui seront touchés en premiers.

Le monde « développé » se trouve actuellement à la croisée des chemins. Ces dernières décennies, il a principalement financé sa croissance par l’emprunt étranger. Les ménages et les finances publiques s’y retrouvent donc dans une situation précaire. Le monde en développement aussi se retrouve dans une situation toute aussi problématique. En effet, le moteur de la croissance des principaux pays émergeants se retrouve dans la consommation des pays riches. Si d’avenir, l’Occident n’arrivait plus à acheter les produits manufacturés chinois, l’expertise brésilienne ou encore l’énergie russe, une crise sans précédent naitrait aussi au « Sud ».

Nous voyons donc qu’aucun État ne veut sa faillite et n’a intérêt à voir les autres se retrouver dans une telle situation. Pourtant, il existe des solutions. Le moment est venu pour que les politiques prennent des décisions fortes sinon nous allons tous droit dans le mur. Deux chemins complémentaires peuvent être empruntés pour résoudre cette crise en devenir.  L’idée serait que les nations retrouvent leur vocation d’État-providence, qu’elles puissent se financer par les impôts plutôt que par la dette et que le profit à long terme plus difficile prime sur celui à court terme.

Tout d’abord, il faudrait que l’on fasse la critique de ce néolibéralisme tant vanté depuis les années 80. Couper à tout va dans les services publics de l’État et privatiser pour gagner supposément en efficacité n’est pas la solution miracle. En général, même si en absolu l’on devient plus riche, de telles actions n’entrainent qu’une précarité accrue des masses populaires et un enrichissement de certaines minorités. Des études montrent que depuis 2000, 66% des augmentations du PIB aux USA sont allées à 1% des Américains les plus riches. La Grèce est aussi un autre parfait exemple. Après deux années de coupes budgétaires et de privatisations, le pays va de mal en pis. Les nations doivent revenir au modèle de l’état providence où tous les citoyens contribueraient honnêtement et en fonction de leur revenu au budget de l’État. Ce dernier en contre partie s’assurerait d’une redistribution équitable des richesses à travers ses programmes sociaux. De cette manière, la paix sociale, garante de tous troubles, existerait. Entendons nous bien, nous ne ventons pas ici des pratiques communistes mais plutôt un système d’État social qui a fait ses preuves dans les pays scandinaves et même ici au Canada. Pour revenir à la Grèce, le problème de ce pays est que personne – surtout les plus riches- ne veut payer d’impôts. Dans de telles conditions, l’État grecque ne peut exister.

Ensuite, ce même néolibéralisme a conduit les États à s’effacer progressivement fasse aux marchés et à la dictature du capital. Aujourd’hui, les grandes banques et autres agences de notations font tanguer les taux d’intérêts sur la dette de certaines nations de manière mercantile et exagérée. Ces pauvres grecs ont vu ainsi leurs taux d’emprunts atteindre le chiffre record et fantaisiste de 17,7% mi juin. Demander un tel intérêt sur la dette grecque ne fera qu’étouffer encore plus cette dernière au profit de certains intérêts privés. Dans une telle situation déraisonnable, Il aurait fallu qu’une instance politique puisse intervenir pour calmer les ardeurs du marché. Penser que le laisser faire et « la main invisible » du marché feraient en sorte de régler tous les problèmes économiques est une utopie. Quand l’intérêt général est menacé, des barrières doivent être imposées au marché et pour cela les États doivent récupérer leur pouvoir.

Ainsi, cette crise de la dette nous interpelle à demander un changement profond dans la politique de nos pays. Une politique de consommation raisonnable, un capitalisme moins débridé et une redistribution équitable des richesses sont les seuls garants d’un avenir sain.

mardi 19 juillet 2011

US-China un beau Duo

En trois ans, si vous avez toujours du mal à comprendre la dernière crise économique, si vous trouvez les relations USA-Chine assez floues, cette petite vidéo assez osée pourrait bien vous aider à y voir plus claire.


dimanche 10 juillet 2011

Chicken To change

l'Afrique du Sud d'aujourd'hui ? Freshlyground est un groupe sympathique en provenance de ce pays. Ils nous offrent une belle et drole performance sur le dictateur qu'est devenu Robert Mugabe

Un semblant de balkanisation

Cette fin de semaine, la planète a accueilli une nouvelle nation indépendante en son sein. Ayant votés à plus de 98% pour l’autonomie de leur région en Janvier dernier, les natifs du sud du Soudan ont maintenant leur destin en mains.

Pour comprendre cette indépendance, il faut connaitre la défunte république du Soudan unifiée. Troisième producteur de pétrole africain – donc aiguisant les appétits énergétiques et géopolitiques -, sa population est essentiellement composée d’arabophones musulmans et de subsahariens chrétiens. Tristement célèbre pour le génocide du Darfour, il y a toujours eu dans ce pays depuis son indépendance en 1956 une confrontation armée entre un Nord dominant et un Sud opprimé. Avec plus de 2 millions de morts principalement attribuable à l’armée nordiste, l’histoire de ce pays s’est accélérée dernièrement. En 2005, dans un « suspect » accident d’hélicoptère, mourrait John Garang, Vice président du Soudan, premier dirigeant sudiste et promouvant un Soudan unifié de type fédéral ou le Sud aurait une très large autonomie. Ce dernier mort, les pro-indépendances, les conseillers occultes et les ultras de tous bords avaient la voie libre.

Devant l’engouement planétaire qu’a suscité l’indépendance de cette nation, il serait naïf de penser que ce sont des principes humanistes qui ont guidé certains États à soutenir mordicus le Sud dans cette voie. En matière de relations internationales, chaque nation agit au gré de ses intérêts.  Il ne serait pas étonnant de voir la nouvelle administration sudiste redistribuer les cartes de l’exploitation pétrolière dans cette région. Tous les profits reviendraient à ses alliés internationaux qui l’ont soutenu dans son émancipation et au détriment des autres qui sont restés fidèles à la ligne nordiste. Espérons que les populations du nouvel État verront la manne financière tant promise.


Aujourd’hui, les Sudistes ont leur État, mais d’État il s’agit d’une république fantôme où il n’existe presqu’aucune infrastructure  digne de ce nom. Ce pays aurait mieux fait de suivre la voie de Garang  qui prêchait pour un Soudan fédéral ou le Nord n’opprimerait plus le Sud, un Soudan fédéral ou les deux provinces auraient pu coopérer honnêtement à leur développement commun. Maintenant, le Nord qui n’a jamais vraiment voulu jouer franc jeu se retrouve amputé de la majeure partie de ses réserves pétrolières alors que le Sud lui perd son administration et les industries de raffinages qui se trouvent dans la partie arabophone du pays.

Au-delà du Soudan, cette indépendance  pourrait devenir - je le pense - pour l’Afrique un véritable désastre. Elle traduit en effet l’échec de différentes franges d’une population vivant au sein d'un même État à coexister pacifiquement. La colonisation du continent a entraîné la naissance de nations aux populations hétéroclites. Là où il existe des foyers de tensions, les gouvernements doivent mieux respecter les droits de tous leurs citoyens sinon ce précédent risque de faire boule de neige au niveau de nombreux groupuscules sécessionnistes. Dans une Afrique ou les différences ethniques, linguistiques et confessionnelles sont la norme et pas l’exception au sein des États, l’indépendance du Sud Soudan est un épisode à rapidement oublier. Un siècle après la conquête de l’Afrique par l’Europe, cinquante années après l’acquisition de nos indépendances, quinze ans après le génocide rwandais, de nombreux gouvernements ont encore du mal à trouver une identité nationale commune à chacun ; socle indispensable pour un développement harmonieux et durable.

Le principal défi de la future génération de dirigeants africains sera de trouver un projet de société commun à toutes les composantes de leur nation. Avec 54 pays, l’Afrique ne peut se permettre une balkanisation. Il en va de son prestige et de sa capacité à faire face aux autres régions du monde dans le futur. Une intégration régionale de chaque nation au sein d’une Union africaine plus forte ayant une même monnaie, une politique extérieure et  de défense commune est encore une utopie, mais elle serait le plus beau rêve qui puisse arriver à ce continent.


Pour  en revenir au Sud Soudan,  la seule certitude que l’on puisse avoir c’est que la tâche ne lui sera pas aisée. Espérons que la naissance de cet État ne sera pas une énième déception africaine. 

mercredi 6 juillet 2011

l'actu en patates

le blog de Martin Vidberg (dessinateur, cultivateur, interprète) ou comment expliquer l'actualité internationale grâce à des patates.

http://vidberg.blog.lemonde.fr/2011/07/

vendredi 1 juillet 2011

2012, politique et extrêmes

2012 sera sans aucun doute une année à suspens. Au risque de décevoir certains fatalistes, elle ne le sera pas pour sa fin du monde tant annoncée. En décembre 2012, au moment où l’humanité sera toujours présente sur terre, de nombreux pays auront vécu des élections présidentielles qui risquent d’avoir un impact sur le reste de la planète. En effet, pour ne citer qu’eux, Français, Russes et Américains auront à choisir – on l’espère librement pour tous – le dirigeant qui présidera à leur destinée.

En Russie, l’on peut d’ores et déjà dire quels sont les potentiels et mêmes très probables personnages qui se disputeront la présidentielle. Vladimir Poutine « le Dur », actuel premier ministre et Dimitri Medvedev « le bon », actuel président de la république seront les principaux protagonistes de la bataille politique à venir. Tous deux affiliés au parti au pouvoir Russie Unie, ils  écraseront la concurrence tant leur parti est prédominant dans le paysage politique de l’ex URSS. Ne précisons pas non plus que l’opposition officielle y est très malmenée.

Aux États-Unis, cela fait déjà trois ans que Barak Obama a été élu et il devra défendre son poste l’année prochaine face au républicain qui sortira vainqueur des primaires de son parti. Avec une crise économique et deux guerres désastreuses pour son pays, il s’en est plutôt pas mal sortie même s’il n’a pas pu éviter quelques déceptions parmi ses partisans. Opposé à un congrès acquis au Grand Old Party, taxé  parfois de gauchiste, il a du durcir sa politique ces derniers temps pour contrer les républicains.

En France, à 10 mois des élections présidentielles, la seule certitude que l’on puisse avoir c’est qu’elles seront très ouvertes. Aucune tendance politique et même aucun parti politique n’arrive à se démarquer de manière notable par rapport à ses concurrents. Seule l’extrême droite de Marine Le Pen – sensée être moins à l’extrême que son père – est pressentie comme pouvant faire quelques poussées électorales et peut être même créer la surprise.

Après ce tour d’horizon, s’il faut retenir une chose c’est que ces nations se trouvent à la croisée des chemins. La crise économique et leurs difficultés quotidiennes les conduisent vers la tentation des extrêmes. Aux USA par exemple, le Tea Party n’en finit plus de faire des adeptes. Après « l’épouvantail » Sarah Palin, ce mouvement nationaliste a une nouvelle égérie en la personne de Michele Bachman, plus posée mais qui au fond fait encore plus peur par ses idées que madame Palin. En France, la droite traditionnelle, actuellement au pouvoir, succombe à la tentation de chasser sur les terres de l’extrême droite. Cela se traduit par une politique plus agressive et populiste à l’encontre des boucs émissaires des déboires que vit actuellement ce pays. En Russie, Medvedev nous avait habitués à une politique plus douce que son prédécesseur. Le « retour » du karatéka Poutine à la magistrature suprême pourrait être le signe d’un durcissement de la politique du kremlin.

Pourtant, le repli sur soi n’est pas la solution. Il est triste de voir que les politiciens jouent sur la peur de l’autre et de leurs concitoyens pour espérer se faire élire. Finalement, peut être bien que les charlatans de tous bords ont juste mal interprété le calendrier maya. Au lieu d’y lire la fin du monde, peut être bien que ces anciens peuples ont essayé de nous prévenir contre le retour des extrémismes et des populismes au pouvoir, sources de biens d’autres troubles.

vendredi 24 juin 2011

Le discours du roi

Il l'avait dit, il vient de le faire. Dans un discours mémorable, Mohammed VI, souverain du Maroc, vient d'ouvrir la voie à la réforme constitutionnelle dans  son pays. À terme, cette transformation devrait mener le royaume chérifien à une forme de monarchie constitutionnelle. Déjà, certains considèrent comme insuffisants les futurs changements alors que moi je préfère y voir, dans le contexte autocratique de cette région du monde, une véritable révolution politique et pacifique.

Au Maghreb, le Maroc, de par sa monarchie absolue, constitue une exception par rapport aux « républiques » voisines. Normalement, l’archaïsme caractérisant les monarchies absolues aurait du se refléter sur la gestion du pays. Mais, les Marocains, de par leur niveau de vie, leur éducation, leur ouverture d’esprit, n’ont rien à envier à leurs voisins arabes. Mieux, ils sont entrain de leur donner une petite leçon de démocratie.

Sentant poindre le vent des révolutions arabes à ses frontières, le roi a donc décidé de prendre les devants pour calmer les éventuelles ardeurs révolutionnaires de son peuple. Le 1er juillet, les Marocains auront donc à se prononcer sur une nouvelle constitution. Avec celle-ci, le 1er ministre sera issu du parti ayant gagné les élections législatives et ne sera donc plus nommé par le roi, il aura des pouvoirs élargis, les minorités ethniques seront mieux représentées et la justice sera beaucoup plus indépendante du pouvoir exécutif et monarchique.

Insuffisante ou pas, cette mutation aura eu au moins le mérite d’avoir été obtenue pacifiquement. Les Marocains n’auront pas eu à payer de leur sang pour voir leur souverain lâcher du lest. Juste pour ca, si les réformes sont biens conduites, Mohammed VI se mérite une place dans l’histoire. À l’inverse d’un Bachar El-assad, d’un Mouammar Kadhafi ou d’un Ali Abdallah Saleh, il aura eu la clairvoyance d’assouvir les attentes de son peuple et même de garder la plus grande partie de ses privilèges.

Aussi, le Maroc, pour cette région du monde, pourrait bien devenir le premier élément d’un effet domino. À la manière des Tunisiens qui ont lancé le mouvement révolutionnaire, les marocains pourraient être les instigateurs d’un changement pacifique amorcé au sein même des plus grandes instances des monarchies arabes sclérosées. Une réussite à la marocaine, impliquant une démocratisation accrue et un monarque en observateur, pourrait inciter un jour les souverains présents à Bahreïn, aux Émirats arabes unis ou bien d’autres encore à emboiter le pas.

Pour l’instant, l’histoire se joue au Maroc et se sera à ses citoyens de décider le 1er juillet s’ils acceptent ou pas leur nouveau projet de société. Ensuite, ce sera à leur souverain de jouer franc jeu pour les mener au fil d’autres évolutions vers la première véritable monarchie « constitutionnelle » au sud de la méditerranée. 

lundi 13 juin 2011

Nos amis les Libyens

Ces derniers jours, l’intervention militaire de l’OTAN en Lybie sur demande des insurgés est l’un des principaux évènements qui vient alimenter l’actualité géopolitique internationale. Nombreux y verront un geste purement humanitaire visant à venir en aide aux populations libyennes en détresse. Pourtant, en analysant mieux la situation, ce sont des raisons purement politiques et économiques qui expliquent l’impressionnant déploiement de force auquel nous assistons actuellement. Heureusement pour le peuple libyen, les effets directs – que moi j’appellerai collatéraux – de cette expédition militaire occidentale leur permettra à très court terme de se débarrasser de leur guide fou.

Politiquement, la force transatlantique se retrouve engagée dans le conflit libyen principalement par la volonté politique d’un homme, Nicolas Sarkozy. Devant le retentissant échec de la diplomatie française au plus fort des journées révolutionnaires tunisiennes, ce dernier a sauté sur l’occasion libyenne pour redorer son blason et le leadership de la France au niveau international. Se donner ainsi une visibilité de grand chef international pourrait bien l’aider à revenir dans le cœur de ses concitoyens en vue des élections présidentielles prochaines.

Économiquement, en ces temps d’austérité  et de coupes budgétaires en occident, il est difficile  et même extrêmement naïf de croire que l’OTAN déverse des bombes qui coutent des dizaines de millions de dollars en Lybie de si bon cœur. Aujourd’hui, soutenir le conseil national de transition libyen – les insurgés - qui sera très certainement au pouvoir dans les jours qui suivent est un pari stratégique et économique porteur. Il s’agit de s’attirer les bonnes grâces des futurs dirigeants de ce pays. Ces derniers n’oublieront sans doute pas ceux qui les ont soutenus au moment où il s’agira de  nouer de nouvelles relations économiques à Tripoli. Il n’est donc pas futile de s’attendre à voir des compagnies comme TOTAL, BP ou encore Exxon se tailler la part du lion dans le futur paysage pétrolifère libyen.

S’il y a autre chose qui a volé en éclat durant les dernières semaines, c’est bien le discours bien-pensant sur la coopération Sud-Sud. En effet, Chinois et Russes, principales puissances du « sud , se sont montrés bien discrets tout au long du conflit libyen. S’étant abstenus de voter l’intervention militaire à l’ONU contre la barbarie de Kadhafi, ce n’est que récemment sachant que les insurgés allaient surement remporter la bataille que ces deux pays leurs ont apporté soutien et conseils. Là aussi, il s’agit de ne pas se faire distancer quand viendra le moment « d’aider » la Lybie à se remettre économiquement sur pieds.

Il faut bien retenir une chose, la bonté humaine à rarement sa place en matière de relations internationales. Les États sont mués par des intérêts égoïstes mais il arrive parfois que ces derniers puissent engendrer des effets collatéraux bénéfiques pour d’autres États tiers. Nous assistons actuellement à un tel phénomène en Lybie. La cause humanitaire n’est pas la principale raison de l’intervention ; ce sont des intérêts économiques et politiques qui viennent au secours d’une population désabusée, évitant ainsi des milliers de morts. Il existe de nombreux conflits ailleurs dans le monde, amplement plus meurtriers et qui n’émeuvent personne. Pauvres Syriens, malheureux yéménites! N’ayant presque pas de pétrole et n’étant pas d’un très grand intérêt stratégique, ils n’ont que la  compassion et les maigres sanctions internationales pour faire face à leur despote.

lundi 6 juin 2011

Ils se sont fait remarquer ces derniers jours

5: Il n’est pas très connu sur la scène internationale mais son affaire mérite attention et peut être même ricanement. En effet Georges Tron, maire et fraichement ex-secrétaire d’État français, accusé d’harcèlement sexuel par ses collègues s’est réfugié derrière la réflexologie pour expliquer ses actes. Cette technique ancestrale chinoise consiste à appliquer un massage des pieds pour favoriser la relaxation. Le cadre professionnel d’une mairie peut-il cautionner un laisser-aller qui conduirait un maire à agir de la sorte avec deux de ses subordonnés féminins?  Devant La bêtise de monsieur Tron de penser que les gens croiront en son histoire, il ferait mieux de répondre honnêtement aux faits qui lui sont reprochés.

4Certains le surnomment le boucher des Balkans tandis que pour d’autres, il est un véritable héros militaire. Dans les faits, Ratko Mladic, ex chef militaire des Serbes de Bosnie est responsable de la mort de milliers de bosniaques lors de la guerre civile dans ce pays entre 1992 et 1995. Plus particulièrement, il est accusé d’avoir laissé ses troupes assassiner quelques 28 000 hommes à Srebrenica pour la seule et unique raison qu’ils étaient musulmans. Figurant parmi les derniers grands criminels de guerre vivant encore en Europe, il vient d’être déférer au tribunal pénal international. Espérons que sa culpabilité sera prouvée pour qu’il est longuement le temps de méditer sur ses crimes en prison.
3: Ces derniers temps, si l’Union africaine a brillé sur la scène internationale, c’est bien par son incohérence. Première instance à promouvoir la démocratie en Afrique, c’est pourtant elle qui s’est portée au chevet d’un Laurent Gbagbo acculé ou d’un autre Mouammar Kadhafi bombardé. Justement, concernant ce dernier larron, Jacob Zuma, au nom de l’Union africaine vient de lui rendre une énième visite de conciliation. Il est décevant de voir que le président Sud-africain et certains de ses pairs prennent encore la défense d’un homme qui envoie ses chars contre son propre peuple. Devant la folie de Kadhafi, l’on ne peut souhaiter aux libyens qu’ils soient très rapidement débarrassés de leur « guide »  pour entreprendre  leur bout de chemin vers la liberté et la démocratie
2: Le cours de l’histoire est jonché de personnalités politiques qui ont toujours cru qu’elles étaient au-dessus des volontés de leur peuple. Ces derniers jours  pourtant, de nombreux  roitelets ont vu leur pouvoir remis en cause. Ali Abdallah Saleh, homme d’État yéménite ou plutôt dictateur yéménite vient de faire les frais de la contestation populaire qui secoue son pays. Au pouvoir depuis maintenant trente-deux ans, son palais présidentiel a été la cible d’une attaque au lance-roquette qui lui a valu d’être évacué pour urgence sanitaire Arabie saoudite.  Il est bien triste qu’après cinq mois de manifestations pacifiques et de répressions violentes qu’il est fallu en arriver là pour le dévisser de son fauteuil présidentiel. L’histoire se rappellera surement de lui comme faisant partie de ces potentats qui n’ont pas compris qu’il peut y avoir une vie après celle de président de la république.
1er : Cette semaine, la palme de la visibilité médiatique revient à l’affaire portant le nom de ce célèbre économiste qui défraie les chroniques. Dominique Strauss Khan, ex-grand patron du FMI attend toujours le verdict de son jugement qui a actuellement lieu. Dans cette affaire, l’on n’arrive toujours pas à voir clair entre le complot ou le suicide politique.  La seule certitude que l’on a sur le personnage c’est que dans le passé il a déjà mouillé dans des histoires assez lubriques. L’on n’oublie pas qu’il a entretenu une liaison extra conjugale avec l’une de ses subordonnées au FMI ou encore qu’il fut cité dans d'autres livres pour des attouchements plus que douteux. Pour rester dans le politiquement correct et même paraphraser le petit Spirou, cette fois ci  sa zigounette l’aurait-elle mené trop loin? Verdict dans quelques mois et espérons que d’ici là, l’autre crise du concombre, la vraie, sera résolue.

lundi 30 mai 2011

La bataille du FMI

Il y de cela, déjà, deux semaines que Dominique Strauss Khan est poursuivi pour une sordide affaire de mœurs aux États-Unis. Depuis s’active, en coulisse, le gratin de la diplomatie et de l’économie mondiale pour lui trouver un successeur à la tête de la première institution financière au monde.

Créé en 1944 suite à la seconde guerre mondiale pour maintenir un nouvel ordre économique mondial, le Fonds Monétaire International continue à refléter, aujourd’hui encore, le poids économique des nations d’antan. En effet, même si actuellement un État comme la Chine représente à peu près 9,1% du PIB mondial, il ne possède que 3,82% des droits de vote à l’institution. Pourtant, le système de quote-part – procédé qui évalue le poids d’une nation dans l’économie mondiale et donc sa représentativité au Fonds – aurait dû faire en sorte que les pays émergeants contribuent plus au FMI et y gagnent en droits de vote. Dans les faits, l’Union européenne qui ne pèse que 26% du PIB mondial s’accapare d’un peu plus de 30% des droits de vote et les États-Unis sont le seul pays à posséder le droit de véto sur toute décision à l’institution. Ainsi, deux camps s’affrontent au Fonds Monétaire International : les pays émergents, forts de leur poids qui s’accroit dans l’économie mondiale, demandant que leurs avis soit de plus en plus pris en compte et les pays riches, en perte de vitesse et qui voient d’un mauvais œil la  probable perte du contrôle qu’ils exercent sur la finance mondiale.

Avant l’affaire DSK, le FMI avait déjà commencé à baliser la succession de ce dernier. Sauf surprise, l’on prévoyait qu’un économiste issu d’un pays non européen aurait dû le remplacer. Mais, aujourd’hui, devant l’urgence de trouver rapidement un nouveau directeur à l’institution, les pays émergents n’arrivent pas à s’accorder sur un seul personnage qui représenterait un consensus. Pour l’instant, une seule candidature issue de ses rangs a été présentée. Cette candidature n’est autre que celle de l’actuel gouverneur de la banque centrale du Mexique Agustín Castners. Cependant, de tendance ultralibérale, monsieur Castners est  déjà décrié par les Brésiliens et les Argentins qui le trouvent trop proche des USA.

Quant à eux, l’on disait bien que les dirigeants du vieux continent ont oublié les belles promesses de Dominique Strauss Khan qui espérait bien qu’un non-européen lui succéderait. La réalité des choses fait qu’actuellement, l’Europe a besoin d’un homme de confiance à la tête de l’institution monétaire. Durement touché par la crise économique, la Grèce, le Portugal et bien d’autres pays européens recevant ou en voie de recevoir une aide du FMI ne peuvent se permettre de ne plus être traités aux petits soins.

Les Européens ont réussi à se fédérer sous la candidature de Christine Lagarde – ministre français de l’économie actuel – et ont rallié la voix des Américains, soucieux, eux aussi, de conserver la présidence de la Banque Mondiale l’année prochaine. Les pays en voie de développement ne manquent pas de candidats au potentiel élevé, tel le Sud-Africain Manuel Trevor ou le Singapourien Tharman Shanmugratnam. Mais, les contradictions internes entre ces derniers semblent trop élevées pour qu’ils réussissent à soutenir une seule et unique candidature.

Pourtant, le moment n’a jamais été autant propice pour qu’enfin l’ancien Tiers Monde ait son mot à dire dans l’évolution de la finance mondiale. En 1945, il existait officiellement 72 pays dans le monde et il était normal que les pays ou « empires » occidentaux représentant la quasi-totalité de la fortune planétaire se partagent les reines de l’économie mondiale. De nos jours, avec 194 pays, une évolution des avoirs financiers vers le sud et l’est ; il n’est plus normal que les États-Unis et l’Europe qui ne représentent plus qu’environ 50% de la richesse mondial aient le contrôle total de ces deux institutions financières. Il est important, même légitime, qu’une forme de démocratie plus représentative des réalités actuelles s’installe au niveau des instances décisionnelles du Fonds  Monétaire International dans un premier temps et de celles de la Banque Mondiale dans un second.

La seule certitude que l’on puisse avoir avant le 13 juin, date de l’élection du nouveau président du FMI, c’est que la bataille pour la succession de DSK a commencé et qu’elle s’annonce ardue.