vendredi 1 juillet 2011

2012, politique et extrêmes

2012 sera sans aucun doute une année à suspens. Au risque de décevoir certains fatalistes, elle ne le sera pas pour sa fin du monde tant annoncée. En décembre 2012, au moment où l’humanité sera toujours présente sur terre, de nombreux pays auront vécu des élections présidentielles qui risquent d’avoir un impact sur le reste de la planète. En effet, pour ne citer qu’eux, Français, Russes et Américains auront à choisir – on l’espère librement pour tous – le dirigeant qui présidera à leur destinée.

En Russie, l’on peut d’ores et déjà dire quels sont les potentiels et mêmes très probables personnages qui se disputeront la présidentielle. Vladimir Poutine « le Dur », actuel premier ministre et Dimitri Medvedev « le bon », actuel président de la république seront les principaux protagonistes de la bataille politique à venir. Tous deux affiliés au parti au pouvoir Russie Unie, ils  écraseront la concurrence tant leur parti est prédominant dans le paysage politique de l’ex URSS. Ne précisons pas non plus que l’opposition officielle y est très malmenée.

Aux États-Unis, cela fait déjà trois ans que Barak Obama a été élu et il devra défendre son poste l’année prochaine face au républicain qui sortira vainqueur des primaires de son parti. Avec une crise économique et deux guerres désastreuses pour son pays, il s’en est plutôt pas mal sortie même s’il n’a pas pu éviter quelques déceptions parmi ses partisans. Opposé à un congrès acquis au Grand Old Party, taxé  parfois de gauchiste, il a du durcir sa politique ces derniers temps pour contrer les républicains.

En France, à 10 mois des élections présidentielles, la seule certitude que l’on puisse avoir c’est qu’elles seront très ouvertes. Aucune tendance politique et même aucun parti politique n’arrive à se démarquer de manière notable par rapport à ses concurrents. Seule l’extrême droite de Marine Le Pen – sensée être moins à l’extrême que son père – est pressentie comme pouvant faire quelques poussées électorales et peut être même créer la surprise.

Après ce tour d’horizon, s’il faut retenir une chose c’est que ces nations se trouvent à la croisée des chemins. La crise économique et leurs difficultés quotidiennes les conduisent vers la tentation des extrêmes. Aux USA par exemple, le Tea Party n’en finit plus de faire des adeptes. Après « l’épouvantail » Sarah Palin, ce mouvement nationaliste a une nouvelle égérie en la personne de Michele Bachman, plus posée mais qui au fond fait encore plus peur par ses idées que madame Palin. En France, la droite traditionnelle, actuellement au pouvoir, succombe à la tentation de chasser sur les terres de l’extrême droite. Cela se traduit par une politique plus agressive et populiste à l’encontre des boucs émissaires des déboires que vit actuellement ce pays. En Russie, Medvedev nous avait habitués à une politique plus douce que son prédécesseur. Le « retour » du karatéka Poutine à la magistrature suprême pourrait être le signe d’un durcissement de la politique du kremlin.

Pourtant, le repli sur soi n’est pas la solution. Il est triste de voir que les politiciens jouent sur la peur de l’autre et de leurs concitoyens pour espérer se faire élire. Finalement, peut être bien que les charlatans de tous bords ont juste mal interprété le calendrier maya. Au lieu d’y lire la fin du monde, peut être bien que ces anciens peuples ont essayé de nous prévenir contre le retour des extrémismes et des populismes au pouvoir, sources de biens d’autres troubles.

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