dimanche 4 mars 2012

Bienvenue chez les « fous »



Ces derniers temps, l’on savait que l’Europe était en crise. L’on pensait que cette crise était financière mais elle est entrain maintenant de virer à la folie identitaire et nationaliste.

Dans le sud, les Grecs ne savent plus à quels saints se vouer. Devant la dureté des contraintes budgétaires qui leurs sont imposés, ils ont trouvé la brillante idée d’accuser l’Allemagne « nazie » de tous leurs maux. Oui, vous avez bien entendu! À les écouter, les Allemands seraient redevenus des nazis foux furieux qui voudraient la peau de leurs concitoyens européens. Ont-ils oublié que ce sont leurs dirigeants qui ont maquillé les comptes publics grecs durant des années. Ont-ils oublié que ce sont leurs concitoyens qui trouvent milles et une astuce pour s’affranchir de l’impôt public ? L’État grec est en faillite et les principaux responsables sont les hellènes eux-mêmes. Triste Grèce, comment continuer à la défendre face à tous ceux qui réclament sa mort si elle-même se laisse aller à de tels propos? Aujourd’hui la Grèce devrait se faire assister par ses partenaires européens pour qu’elle évite la faillite, mais les Grecs ont tout intérêt à reconnaître leurs erreurs pour éviter que l’histoire ne se répète. Rejeter la faute sur les autres est un comportement puéril et suicidaire qui à court terme risque de faire perdre au pays les rares élans de sympathie dont il bénéficie à l’étranger.

Au nord, la situation n’est pas bien meilleure. Entre une Angleterre qui renoue avec ses vieux démons tchatchériens et une France où la campagne présidentiel sent le Halal nauséabond, l’on dirait bien que nos amis européens s’ils ne marchent pas encore sur la tête sont tout de même au bord de la schizophrénie. Plus précisément, prenons le cas de la France, le cas de cette belle république porteuse de valeurs égalitaires et progressistes fortes qui se laisse aller à des échanges politiques bien bas. Alors que son économie peine à se remettre de la dernière crise, que les délocalisations d’entreprises risquent d’être au pays ce que la cigüe fut à Socrate, l’on se serait attendu à ce que l’économie occupe l’essentiel de l’espace public - que des idées novatrices pour que la France redevienne compétitive économiquement soient abordées- pour cette campagne post crise économique. Mais non,  le parti au pouvoir se congratule, se gargarise de chasser sur les terres de l’extrême droite et  n’a de thèmes de campagne en tête que l’interdiction du vote étranger qui pourrait conduire à une « halalisation » des cantines scolaires. No comment.

Tandis que nos amis grecs ne font pas très fort d’accuser les Allemands de tous leurs maux, la Françe devraient aussi arrêter de voir en l’immigrant et de surcroit celui ayant une religion différente de celle qui est historiquement présente sur le territoire la raison de toutes ses difficultés. L’Europe est en crise et cette dernière qui à des origines économiques est entrain de mener tout droit à des confrontations sociales. Les politiciens européens feraient bien mieux de trouver des solutions aux véritables problèmes économiques qui minent leurs pays plutôt que d’orienter la colère des foules vers d’autres pans de leurs concitoyens.

Le monde change et il change très vite. Ce dernier n’aura pas le temps d’attendre le vieux continent qui s’il ne se reprend pas très vite risque fort bien de se voir distancer par ses concurrents américains et asiatiques.