Ces derniers temps, l’on
savait que l’Europe était en crise. L’on pensait que cette crise était
financière mais elle est entrain maintenant de virer à la folie identitaire et
nationaliste.
Dans le sud, les Grecs
ne savent plus à quels saints se vouer. Devant la dureté des contraintes budgétaires
qui leurs sont imposés, ils ont trouvé la brillante idée d’accuser l’Allemagne « nazie »
de tous leurs maux. Oui, vous avez bien entendu! À les écouter, les Allemands
seraient redevenus des nazis foux furieux qui voudraient la peau de leurs concitoyens
européens. Ont-ils oublié que ce sont leurs dirigeants qui ont maquillé les
comptes publics grecs durant des années. Ont-ils oublié que ce sont leurs
concitoyens qui trouvent milles et une astuce pour s’affranchir de l’impôt
public ? L’État grec est en faillite et les principaux responsables sont les hellènes
eux-mêmes. Triste Grèce, comment continuer à la défendre face à tous ceux qui
réclament sa mort si elle-même se laisse aller à de tels propos? Aujourd’hui la
Grèce devrait se faire assister par ses partenaires européens pour qu’elle
évite la faillite, mais les Grecs ont tout intérêt à reconnaître leurs erreurs
pour éviter que l’histoire ne se répète. Rejeter la faute sur les autres est un
comportement puéril et suicidaire qui à court terme risque de faire perdre au
pays les rares élans de sympathie dont il bénéficie à l’étranger.
Au nord, la situation n’est
pas bien meilleure. Entre une Angleterre qui renoue avec ses vieux démons tchatchériens et une France où la
campagne présidentiel sent le Halal nauséabond, l’on dirait bien que nos amis
européens s’ils ne marchent pas encore sur la tête sont tout de même au bord de
la schizophrénie. Plus précisément, prenons le cas de la France, le cas de
cette belle république porteuse de valeurs égalitaires et progressistes fortes
qui se laisse aller à des échanges politiques bien bas. Alors que son économie
peine à se remettre de la dernière crise, que les délocalisations d’entreprises
risquent d’être au pays ce que la cigüe fut à Socrate, l’on se serait attendu à
ce que l’économie occupe l’essentiel de l’espace public - que des idées
novatrices pour que la France redevienne compétitive économiquement soient
abordées- pour cette campagne post crise économique. Mais non, le parti au pouvoir se congratule, se
gargarise de chasser sur les terres de l’extrême droite et n’a de thèmes de campagne en tête que l’interdiction
du vote étranger qui pourrait conduire à une « halalisation » des
cantines scolaires. No comment.
Tandis que nos amis
grecs ne font pas très fort d’accuser
les Allemands de tous leurs maux, la Françe devraient aussi arrêter de voir
en l’immigrant et de surcroit celui ayant une religion différente de celle qui
est historiquement présente sur le territoire la raison de toutes ses
difficultés. L’Europe est en crise et cette dernière qui à des origines économiques
est entrain de mener tout droit à des confrontations sociales. Les politiciens européens
feraient bien mieux de trouver des solutions aux véritables problèmes
économiques qui minent leurs pays plutôt que d’orienter la colère des foules
vers d’autres pans de leurs concitoyens.
Le monde change et il
change très vite. Ce dernier n’aura pas le temps d’attendre le vieux continent
qui s’il ne se reprend pas très vite risque fort bien de se voir distancer par
ses concurrents américains et asiatiques.
