vendredi 26 août 2011

Croissance, démocratie et révolutions

Les évènements actuels en Libye ne peuvent nous laisser de marbre. Cet État caméléon un moment honni, un autre moment adulé s’est de nouveau retrouvé au banc des nations. Il est peu probable que Kadhafi revienne au pouvoir et il serait triste que le monde et surtout les pays en voie de développement ne retiennent aucune leçon de ce que fut la Jamahiriya islamique.

Le principal enseignement que l’on peut retenir de sa chute c’est que tout développement économique n’étant pas accompagné du respect des droits humains  et de démocratie n’est qu’un mirage. L’année dernière, l’ONU félicitait la Lybie et Mouammar Kadhafi pour son indice de développement humain de loin « supérieur » à des pays comme la Turquie ou le Brésil. Aujourd’hui, le nuage de fumée est tombé et l’on peut constater que ces derniers ont une dynamique de croissance beaucoup plus solide que le premier. Au brésil et moindrement en Turquie, la liberté d’expression, le respect des droits humains et surtout la démocratie sont fortement installés et sont les garants du développement économique.

S’il est bien un pays qui se doit absolument de retenir la leçon libyenne, c’est la Chine. Il est évident que ces deux États sont différents, mais le manque de culture démocratique et de respects des libertés y sont à peu près pareils. En Chine, au moins,  le risque de dérive dynastique est absent car l’État n’est pas représenté par un seul homme et sa famille mais par tout un parti politique à savoir le parti communiste. À par cette exception, si le pays n’amorce pas une douce transition vers la démocratie, il risque un jour de se retrouver dans un scénario à la Libyenne ou la tunisienne.

La beauté de la démocratie est qu’elle accorde à tous les citoyens des libertés fondamentales et le droit de s’exprimer par des voies pacifiques. Quand celle-ci est inexistante, le peuple accumule les brimades en silence car toute revendication conduit inévitablement à des répressions brutales. Dans cette situation, l’Étincelle de trop conduira  à l’effondrement de l’État totalitaire au cours d’une révolution comme celles qui se déroulent dans le monde arabe.  De trop nombreuses nations ont connu un succès fulgurant sur le cours terme mais n’ont pu continuer sur cette tendance car elle n’avait pas pu installer une culture démocratique en leur sein. Ce fut le cas de l’Union Soviétique à ses débuts et c’est le cas de la Côte d’ivoire aujourd’hui.

L’implosion Libyenne n’est que le triste résultat d’une quarantaine d’années de dictature et de répression brutale. Si la démocratie y existait, si la liberté d’expression y était possible, les libyens auraient tout simplement changé le gouvernement en place par des élections et l’on aurait pas assisté à la guerre actuelle. Mouammar Kadhafi a échoué dans sa tache. Comme tant d’autres, il n’a tout simplement pas compris que le respect des droits humains était le principal gage de stabilité donc de développement à  très long terme d’un pays.

Espérons que les États du tiers monde qui connaissent aujourd’hui un développement remarquable mais qui peinent à changer leur système totalitaire sauront tirer la leçon suivante : l’argent fait surement le bonheur mais  sans justice et liberté la déchéance est inévitable.

dimanche 14 août 2011

Ils se sont fait remarquer ces derniers jours


5è : Il cavaliere est de retour sur le devant de la scène. Cette fois, au moins, ce ne sera pas pour ses prétendues relations sexuelles avec mineurs ou autres frasques dignes d’un don juan raté. L’Italie est en crise ; Silvio Berlusconi en plus de lui appliquer une cure d’austérité budgétaire s’y comporte comme un dictateur tropical. Dans les coulisses du parlement Italien, il vient d’y faire voter une loi stipulant que dorénavant tout avocat peut présenter un nombre illimité de témoins devant une cours de justice. En Italie, les mafieux et le cavaliere doivent être bien heureux. Pour donner l’exemple, il n’y a plus d’obstacles à ce que le verdict du Rubygate tombe en 2050!

4è : Si le Sénégal est connu pour sa culture, ses plages ou son hospitalité, il est aussi en Afrique, l’un des rares pays qui peut se targuer d’avoir une démocratie plus ou moins fonctionnelle. Son très « vieux » président vient d’en faire l’amère- expérience. Abdoulaye Wade, 83 ans, pensant avoir trouvé l’idée du siècle pour faciliter sa réélection ou celle de l’un de ses proches à la prochaine présidentielle sénégalaise vient d’être débouté par la rue. En effet, il a essayé de réformer la constitution pour y introduire de nouvelles dispositions qui ont été catégoriquement rejetées lors d’importantes manifestations populaires à Dakar. Dans la force de l’âge, l’on se demande bien ce que monsieur Wade peut encore apporter au Sénégal?

3è : il est bien difficile d’être le président de la première puissance planétaire. Ces derniers temps, Barak Obama fait face à une multitude de problèmes qui viennent secouer son mandat. De la crise économique à la réforme phare de sa présidence, soit celle de l’assurance maladie, ses obstacles semblent bien insurmontables tant les républicains lui mettent des bâtons dans les roues. Pauvre Amérique, alors que le navire prend l’eau de tous cotés, ses dirigeants semblent plus préoccupés à se chamailler stérilement qu’à travailler à faire regagner au pays son prestige d’antan.

2è : Souvent, un dictateur peut bien en cacher un autre. Alors que le gros des efforts de la communauté internationale est tourné vers la Lybie de Mouammar Kadhafi, Bachar El Assad lui peut se donner à cœur joie à son jeu favori qui se résume à casser du manifestant. Le président syrien a perdu toute crédibilité et ne mérite plus d’être à la tête de sa nation. L’histoire se rappellera surement de lui comme d’un barbare ayant exterminé des centaines de jeunes manifestants au char d’assaut.

1: De Damas à Londres,  même si les causes ne sont pas pareilles, la révolte populaire gronde. David Cameron est subitement passé du donneur de leçons à celui qui doit prendre des décisions fortes pour arrêter les émeutes qui secouent son pays. Contre toute attente, il a privilégié un discours de fermeté et annoncé qu’il n’y aura aucune tolérance à l’égard des émeutiers. Il est vrai que les casseurs n’ont aucune excuse, mais condamner à tout va est une vision simpliste et ridicule de ce phénomène social et ne résoudra pas les problèmes de l’Angleterre. Dans leur intérêt, les Britanniques devraient essayer de comprendre les raisons qui ont conduit ces jeunes à se comporter de la sorte.

jeudi 4 août 2011

Une farce américaine

De justesse les Américains viennent de trouver un accord sur le financement de leur dette et de justesse ils viennent de s’éviter surement – ou du moins ils l’ont repoussée – une récession économique. Au terme de cette tragicomédie politique version US, le pays en ressort largement discrédité aux yeux de l’opinion internationale et du monde de la finance en particulier. Politiquement et économiquement, l’Amérique est entrain de faillir.

Tout d’abord, l’une des plus vieilles démocraties de la planète nous avait habitués à mieux au sommet de son monde politique. Dernièrement, républicains et démocrates ont passé plus de temps à se crêper le chignon qu’à travailler sérieusement à résoudre les trop nombreux et trop gros défis  auxquels sont confrontés les USA. Plus précisément sur cette crise de la dette, il était évident que le Grand Old Party aurait accepté le plan Obama dès le départ pour éviter la banqueroute du pays. Alors pourquoi avons-nous assisté à tout ce cirque ? Par calculs et par bassesse politique.  Les républicains qui se vantent tant de vouloir réduire le déficit américain ont en vérité été ceux qui ont relevé à plus de reprises  durant leurs mandats présidentiels le plafond de la dette et sont aussi ceux qui ont accordé le plus de réductions d’impôts ayant contribuées au gouffre actuel. Ne rappelons pas non plus qu’ils sont à l’origine des deux dernières guerres américaines qui ont fait exploser le budget de l’État fédéral. Pis, ils préconisent encore aujourd’hui des réductions d’impôts – en vérité ces dernières profitent en général à la portion d’Américains les plus riches – qui certainement viendront rallonger le déficit public. Dans un pays où 1/6 des habitants n’ont pas d’assurance médicale et où de nombreux retraités ne peuvent vivre sans leurs pensions il est irresponsable de voir que les républicains préconisent encore et toujours moins d’État tout en sachant que le résultat sera encore plus de leurs concitoyens laissés sur le carreau.

Ensuite, même si le problème est essentiellement américain, les conséquences de la déliquescence de ce pays risquent d’être mondiales. En effet, avec à peu près 25% du PIB mondial, quand le colosse américain éternue, c’est la planète qui s’enrhume! Ces raisons justifient largement l’alarmisme que certains pays ont témoigné devant la farce politique qui se jouait à Washington. Aujourd’hui, les Chinois doivent bien se mordre les doigts de posséder autant de bons du trésor américain. Les Européens, quant à eux, avec toutes les difficultés qu’ils ont à maintenir leur Union auraient surement vu leurs efforts voler en éclats avec une autre récession économique venue des États-Unis.

Envers leurs citoyens mais aussi envers la planète entière les politiciens américains ont des responsabilités. Dans le contexte économique difficile où l’on vit, aucun prétexte d’affolement ne doit être donné ni aux marchés ni aux spéculateurs ; aux risques de voir le monde replonger dans la crise.  Au lieu de se chamailler stérilement, les éminentes personnalités à Washington devraient plutôt s’attaquer au problème de la réduction de la dette de leur nation. Les républicains doivent arrêter les déclarations démagogiques stipulant que moins d’impôts et moins d’État sont les solutions miracles. Quant à eux, les démocrates, même s’ils veulent lever des impôts, ceux-ci ne doivent pas toucher les américains les plus fragiles mais plutôt servir à offrir le plus de services possibles sans gaspillage. Au pays de l’oncle Sam, Le retour à une croissance économique pleine et durable passe forcément par des mesures innovantes et inédites comme une meilleure consommation et une redistribution des richesses plus équitables.

L’Amérique ne peut pas s’amuser et ne doit pas succomber à des luttes partisanes comme on vient d’en vivre. Ses politiciens doivent se ressaisir car dans notre village planétaire, tout le temps perdu ou toutes les décisions économiques irresponsables qu’ils prendront auront tôt ou tard une répercussion sur nos vies.   

mardi 2 août 2011