dimanche 11 décembre 2011

Les politicos awards 2011


Les oscars sont au cinéma ce que les grammys sont au monde la musique. La politique, elle, sérieuse et parfois démagogique, n’est pas un lieu où les récompenses publiques sont usuelles. Pour réparer cette injustice, voici les Politicos awards 2011  ou un petit classement sérieux et  loufoque de nos gouvernants qui ce sont illustrés cette année.

Le Politico 2011 du meilleur Show politique comique est décerné à : la course à l’investiture républicaine.
Ici  on ne parle pas de loft Story ou encore de la star académie mais bien de gens qui peut être s’apprêtent à diriger la première  puissance du monde. Mais, devant les scandales sexuels (oui ce n’est pas loft story) et  leur niveau de culture général pathétique, le comique pourrait vite tourner au cauchemar advenant que l’un deux s’installe à la maison blanche.

Le prix Politico du couple de l’année est  adjugé aux: Merkozy.
Ils sont devenus au monde politique ce que Brad et Angélina Jolie sont à l’univers people. Le glamour mis de côté, ils sont dans tous les médias crise de l’euro oblige.

Le politico 2011 du prédicateur de l’année est adjugé de manière posthume à : Mouammar Kadhafi.
Le dictateur prédisait que les ennemis de son pays n'étaient que des rats que l'on déterrerait avant de les faire expier. Kadhafi ne pensait surement pas qu'il était entraint de parler de son propre destin. Avec la triste fin qu'il a connu en sortant d’un égout, l'on peut dire que la nouvelle Lybie commence mal son chemin vers la démocratie.  

Le prix du slogan politique 2011 est décerné à : X dégage.
X pour le président en question (Moubarak, Ben Ali, etc.…). L’année n’a pas été de tout repos pour nos satrapes arabes qui au mieux pour certains ont fini exilés et d’autres au pire lynchés par la foule. Des gens comme Poutine devrait en prendre de la graine.

Le politico 2011 de la mise en scène politique est adjugé à : Vladimir poutine.
On le connaissait karatéka, pilote d’avion de chasse ou de formule 1, maintenant il devient scénariste au service de sa probable futur réélection. Comme dans un mauvais remake du film le retour du roi, Vladimir Poutine a tout au long de l’année manigancé son retour à la tête de la Russie en 2012.

Le prix  politico  2011 de l’acteur x  est adjugé à : Dominique Strauss Khan.
Jusqu’à là mi année, nombreux le voyaient en 2012 à la tête de la France. Malheureusement pour lui et heureusement pour ses concitoyens – ils auraient eu comme président un détraqué sexuel – sa libido lui a joué un bien mauvais tour dans une chambre d’hôtel new yorkaise.  Viol sur Nafissatou Diallo, complot ? L’avenir nous le dira.

Le prix du mouvement politique 2011 est décernée aux : indignés.
Inspirés pas Stephan Hessel, les indignados espagnols ont lancé le mouvement avant de voir le reste de la planète leur emboiter le pas. Aux États-Unis, on a vu les occupy wall street  apparaître avec leur célèbre slogan «  nous sommes les 99% et vous le 1% ». Peut être que Marx avait finalement raison, l’histoire se résume en une éternelle lutte des classes. 

Et pour finir, Le prix Politico du meilleur politicien 2011 est décerné à : Angela Merkel.
Capitaine Merkel, la sauveuse de l’Euro ? Peut être bien que l’histoire retiendra cela d’elle. Cette année a été la sienne. À la tête de l’Allemagne, première économie d’Europe, elle tente tant bien que mal de sauver la zone euro de la débâcle.

En espérant que vous avez aimé, les politicos awards 2011 tirent le rideau sur cette année. Bon nouvel an et si vous avez survécu à la date fatidique du 21 décembre, venez nous lire pour le classement 2012. 

mardi 6 décembre 2011

Tensions en mer de Chine



Pour de nombreux historiens et autres politologues, cette année restera surement comme l’une des plus houleuses de ce début de siècle. Des révolutions arabes à la crise aigue au sein de l’union européenne et sans oublier le risque de guerre Israélo-iranien persistant au moyen orient,  2011 n’a en effet pas été de tout repos. Mais, de tous ces soubresauts, une suite d'évènements passée presqu’inaperçu aux yeux des médias est d’une importance capitale. Les deux premières puissances de la planète – américaine et chinoise – se sont lancées dans une surenchère d’annonces, d’actions militaires et d’alliances pour ce qui risque fort bien d’être l’enjeu géopolitique majeur de ces prochaines années – le contrôle de la mer de Chine.

Mais tout d’abord le contexte : la mer de Chine méridionale qui borde à peu près 6 pays (Chine, Vietnam, Indonésie, Malaisie, Brunei, Philippines tandis que les États-Unis se posent en arbitre) est le principal chemin emprunté par les navires marchands au monde. Contrôler cet axe revient à contrôler le poumon économique planétaire en matière de transports de marchandises par voies maritimes. De plus, des ressources pétrolières y ont été découvertes ce qui ne fait qu’aiguiser un peu plus l’appétit des pays riverains et surtout des géants américains et chinois tant énergivores.

Peu à peu des forces belliqueuses se mettent en place dans la région. En novembre, Barak Obama annoncait que les marines américains disposeraient dorénavant d’une base permanente en Australie – en plus de leur présence militaire au Japon et en Corée du Sud. Diplomatiquement, Hilary Clinton vient d’effectuer une visite mémorable en Birmanie qui à terme devrait aboutir à une normalisation des relations Étatsuniennes avec la junte de Rangoon. Il est triste de voir que des considérations géopolitiques – encerclement et affaiblissement des Chinois dans la région – conduisent l’Amérique à traiter avec l’une des dictatures les plus oppressives de la planète. Mais, là n’est pas la fin ; même les plus forts alliés de l’empire du milieu prennent leurs distances. Le Vietnam « communiste » effectue un rapprochement tout azimut avec la Corée du sud « américaine » ; pays  avec lequel elle avait des relations tendues depuis la guerre du Vietnam.

Les Chinois aussi ne sont pas en reste. Ils ont beaucoup investi dans la modernisation de leur marine nationale pour rattraper la supériorité américaine. En Aout dernier, le premier porte avion de l’empire du milieu battait pavillon. Le phénomène le plus intéressant dans ce manège géopolitique est sans nul doute le retournement des alliances diplomatiques. Le Pakistan, important allié américain en Asie, ennemi viscéral de l’inde – pays qui fut très longtemps parrainé par les communistes – est sur le point de permettre aux chinois de construire une base navale militaire dans son pays.

La montée vertigineuse de la puissance économique chinoise est entrain de la conduire inexorablement  à prendre de plus en plus d’espace dans le jeu géopolitique international. En quelques sortes, les chinois veulent occuper la place qui « leur revient de droit » et n’entendent plus laisser aucune puissance étrangère venir faire la loi « dans leur arrière cour ». Mais faut-il pour autant penser qu’ils deviennent de plus en plus arrogants ? Non et ce serait pure hypocrisie que de le dire. En matière de relations internationales, les États sont là pour défendre leurs intérêts dans la mesure de la légalité. Au XIXème siècle, les États-Unis – alors une petite puissance en devenir - ont suivi la même trajectoire pour imposer leur main mise sur le continent américain face aux vieilles puissances européennes.

Aujourd’hui, nous faisons donc face à une Chine voulant s’assurer du contrôle des espaces qui la jouxte et d’une Amérique soucieuse de préserver ses intérêts dans la région tout en freinant l’expansion de sa concurrente. On a bien l’impression qu’un engrenage pouvant mener à un affrontement direct est entrain de se mettre en place. Mais nous ne sommes pas obligés d’en arriver là. Dans l'intérêt de tous, Américains et Chinois doivent comprendre qu’ils ont plus à gagner à travailler ensemble qu’à s’affronter. Espérons que 2012 ne verra donc pas l’éclatement d’un conflit ouvert dans cette région du monde.