lundi 30 mai 2011

La bataille du FMI

Il y de cela, déjà, deux semaines que Dominique Strauss Khan est poursuivi pour une sordide affaire de mœurs aux États-Unis. Depuis s’active, en coulisse, le gratin de la diplomatie et de l’économie mondiale pour lui trouver un successeur à la tête de la première institution financière au monde.

Créé en 1944 suite à la seconde guerre mondiale pour maintenir un nouvel ordre économique mondial, le Fonds Monétaire International continue à refléter, aujourd’hui encore, le poids économique des nations d’antan. En effet, même si actuellement un État comme la Chine représente à peu près 9,1% du PIB mondial, il ne possède que 3,82% des droits de vote à l’institution. Pourtant, le système de quote-part – procédé qui évalue le poids d’une nation dans l’économie mondiale et donc sa représentativité au Fonds – aurait dû faire en sorte que les pays émergeants contribuent plus au FMI et y gagnent en droits de vote. Dans les faits, l’Union européenne qui ne pèse que 26% du PIB mondial s’accapare d’un peu plus de 30% des droits de vote et les États-Unis sont le seul pays à posséder le droit de véto sur toute décision à l’institution. Ainsi, deux camps s’affrontent au Fonds Monétaire International : les pays émergents, forts de leur poids qui s’accroit dans l’économie mondiale, demandant que leurs avis soit de plus en plus pris en compte et les pays riches, en perte de vitesse et qui voient d’un mauvais œil la  probable perte du contrôle qu’ils exercent sur la finance mondiale.

Avant l’affaire DSK, le FMI avait déjà commencé à baliser la succession de ce dernier. Sauf surprise, l’on prévoyait qu’un économiste issu d’un pays non européen aurait dû le remplacer. Mais, aujourd’hui, devant l’urgence de trouver rapidement un nouveau directeur à l’institution, les pays émergents n’arrivent pas à s’accorder sur un seul personnage qui représenterait un consensus. Pour l’instant, une seule candidature issue de ses rangs a été présentée. Cette candidature n’est autre que celle de l’actuel gouverneur de la banque centrale du Mexique Agustín Castners. Cependant, de tendance ultralibérale, monsieur Castners est  déjà décrié par les Brésiliens et les Argentins qui le trouvent trop proche des USA.

Quant à eux, l’on disait bien que les dirigeants du vieux continent ont oublié les belles promesses de Dominique Strauss Khan qui espérait bien qu’un non-européen lui succéderait. La réalité des choses fait qu’actuellement, l’Europe a besoin d’un homme de confiance à la tête de l’institution monétaire. Durement touché par la crise économique, la Grèce, le Portugal et bien d’autres pays européens recevant ou en voie de recevoir une aide du FMI ne peuvent se permettre de ne plus être traités aux petits soins.

Les Européens ont réussi à se fédérer sous la candidature de Christine Lagarde – ministre français de l’économie actuel – et ont rallié la voix des Américains, soucieux, eux aussi, de conserver la présidence de la Banque Mondiale l’année prochaine. Les pays en voie de développement ne manquent pas de candidats au potentiel élevé, tel le Sud-Africain Manuel Trevor ou le Singapourien Tharman Shanmugratnam. Mais, les contradictions internes entre ces derniers semblent trop élevées pour qu’ils réussissent à soutenir une seule et unique candidature.

Pourtant, le moment n’a jamais été autant propice pour qu’enfin l’ancien Tiers Monde ait son mot à dire dans l’évolution de la finance mondiale. En 1945, il existait officiellement 72 pays dans le monde et il était normal que les pays ou « empires » occidentaux représentant la quasi-totalité de la fortune planétaire se partagent les reines de l’économie mondiale. De nos jours, avec 194 pays, une évolution des avoirs financiers vers le sud et l’est ; il n’est plus normal que les États-Unis et l’Europe qui ne représentent plus qu’environ 50% de la richesse mondial aient le contrôle total de ces deux institutions financières. Il est important, même légitime, qu’une forme de démocratie plus représentative des réalités actuelles s’installe au niveau des instances décisionnelles du Fonds  Monétaire International dans un premier temps et de celles de la Banque Mondiale dans un second.

La seule certitude que l’on puisse avoir avant le 13 juin, date de l’élection du nouveau président du FMI, c’est que la bataille pour la succession de DSK a commencé et qu’elle s’annonce ardue.

lundi 23 mai 2011

La Pax Americana, Israël et les Palestiniens

Pour Barack Obama, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas, du moins diplomatiquement. Il y a deux semaines, il annonçait fièrement à la face du monde la mise hors d’état de nuire du terroriste le plus recherché de la planète: Oussama Ben Laden. La semaine suivante, devant toutes les télévisions du monde, il recevait un camouflet public de la part du 1er ministre israélien Benyamin Netanyahou. En effet, ce dernier a rejeté en bloc les principales propositions du plan américain sur la création d’un État palestinien conseillant à Israël de se retirer dans ses frontières d’avant le conflit israélo-arabe de 1967.

Avec  les commémorations du 63ème anniversaire de la création de l’État d’Israël et en même temps de la nakba - soit le début de l’exode de milliers de Palestiniens de leur terre natale – des manifestations ont entrainé la mort de dizaines de personnes aux frontières de l’État hébreu. Israël a le droit d’exister au Moyen-Orient mais les Palestiniens ont tout autant le droit d’avoir un État viable. Aujourd’hui, les gouvernants israéliens ne comprennent malheureusement pas qu’ils devraient profiter de leur position de force et de celle de leur allié américain pour trouver une solution durable au conflit les opposants à leurs voisins arabes. Ils ne comprennent pas que l’histoire est comme une roue continuelle et qu’ils n’ont aucune garantie que, dans un avenir proche, les rapports de force n’auront pas changé dans cette partie du monde. De plus, la Pax Americana, leur assurant une certaine sécurité, commence à montrer des signes d’essoufflement.

Concept né à la fin de la seconde guerre mondiale, la Pax americana désignait ou, si l’on peut le dire, désigne encore aujourd’hui la relative forme de paix sociale assurée par les États-Unis d’Amérique chez ses alliés et dans le reste du monde. Suite à la Seconde guerre mondiale et face au bloc soviétique, l’Amérique s’était donnée la mission de protéger les intérêts capitalistes de par le monde. À la fin des années 90, donc après la chute de l’URSS, le pays de l’oncle Sam s’est retrouvé catapulté sur le devant de la scène comme le seul et unique gendarme du monde.

Une décennie d’hégémonie mondiale  aura suffi à ébranler cette Pax Americana. De L’Amérique du sud à l’Extrême-Orient, nous assistons à la montée d’un monde multipolaire où chaque nation entend bien faire respecter ses droits. Au Venezuela, le début du 21ème siècle aura vu s’installer au pouvoir un certain Hugo Chavez, socialiste et nationaliste à l’extrême, qui n’a pas hésité une seconde à remettre en question l’autorité des États-Unis sur sa région du monde. La Chine,deuxième puissance du monde, compte bien concurrencer l’Amérique sur tous les fronts. Économiquement, elle s’est mise en tête de rattraper son ami  - ou ennemi, au choix – états-unien. Militairement, là non plus, elle ne compte plus se laisser faire ; des porte-avions y sont en construction et Taiwan est dans sa ligne de mire. Mais le plus bel exemple de la fin probable de cette Pax Americana est la difficulté que l’Amérique a eu à imposer son autorité au Moyen-Orient. Deux semaines après l’annonce  de la mort d’Oussama Ben Laden, s’il y a bien une chose que l’on peut dire c’est que les GI’s  ont enfin une porte de sortie honorable en Afghanistan. En effet, après onze années d’un conflit meurtrier et quelques milliers de milliards de dollars dépensés, cette guerre a été purement et simplement un désastre humain et financier.

Israël ne pourra pas compter éternellement sur l’aide américaine pour assurer sa sécurité. Rabrouer ainsi les propositions de paix de monsieur Obama est un jeu dangereux à la longue. Ce pays a tout à gagner à s’engager dans la voix d’une paix durable en acceptant de revenir à ses frontières de 1967 et en accordant un État viable aux Palestiniens. Un tel comportement signerait à coup sûr la fin des organisations terroristes de cette région du monde. Celles-ci ne pourraient plus se nourrir de la haine et des rancœurs envers Israël pour essaimer.  Ainsi, une paix durable pour l’État hébreu, les pays arabes et nous tous, qui sommes touchés d’une manière ou d’une autre par ce conflit, s’engagerait enfin. 

dimanche 15 mai 2011

La chute d’un homme?

Dimanche matin 11 heures, en allumant ma télévision, quel fut mon étonnement de voir l’homme qui, depuis des semaines, est pressenti par les médias comme étant le candidat ayant le plus de chances de remporter la prochaine présidentielle française de 2012 être placé en garde en vue dans une cellule miteuse d’un commissariat de Harlem. Pire, il était accusé de viol!

Coup monté? Accusations frauduleuses? Pulsions incontrôlées de la part de Dominique Strauss- khan? Inconscience du personnage ? Devant le grand nombre de questions que soulève cette affaire, l’une des seules certitudes que l’on puisse avoir est que son avenir politique semble bien compromis.

En tenant compte du passé trouble de ce monsieur – il a souvent fait les manchettes, les ragots et  les quolibets pour ses relations extra-conjugale – certains ne s’étonneront pas de le voir empêtré dans de tels embarras aujourd’hui.

Cette nouvelle affaire qui vient éclabousser l’univers politique fait remonter à la surface un mal qui y est profondément enraciné. En effet, les scandales de mœurs y sont monnaies courantes ces derniers temps. Comment ne pas penser à Silvio Berlusconi et ses frasques sexuelles? Comment ne pas se rappeler de l’affaire Clinton-Lewinsky? Ou encore plus récemment au cortège de multiples épouses d’un certain Jacob Zuma?

Actuellement, le monde politique est bien terne. Affaires de corruption, mœurs légères, les problèmes s’accumulent et les revues people se frottent les mains. Ainsi, nous assistons à une montée inquiétante du cynisme au niveau des sociétés qui se traduit par un désintérêt croissant des populations vis à vis de la politique et qui s’exprime souvent par un taux de participation électoral bas. Idéalement, Les politiciens devraient être des modèles de vertu. Ils oublient souvent qu’ils sont les reflets de la société, que leurs gestes sont scrutés à la loupe et qu’ils devraient être des citoyens exemplaires. Dans les faits, de nombreuses études psychologiques démontrent que  la plus part des hommes politiques de nos jours n’ont pas véritablement d’idéaux – ceux-ci tanguent au gré des sondages -, ils ont une fâcheuse tendance mythomane en plus d’avoir un égo surdimensionné. En bref, la grande majorité d’entre eux ne sont pas des enfants de cœur.

Pour en revenir à monsieur Strauss Khan, comment  a-t-il bien pu compromettre son futur à ce point? Si l’on garde la tristement célèbre affaire Clearstream en mémoire, l’hypothèse d’un complot n’est pas à exclure non plus. Mais, si sa culpabilité est prouvée, l’on serait en face d’un exemple exceptionnel de comportement autodestructeur car par ses actions il vient de briser une  carrière qui aurait pu être mémorable. Nous aurons sans nul doute des réponses à nos questions dans les jours qui viennent.

dimanche 8 mai 2011

Démocratie ou despotisme « éclairé », deux chemins pour le développement en Afrique ?

Aujourd’hui, toutes les lumières – africaines du moins – sont tournées vers deux États qui depuis quelques années affichent des taux de croissance records sur leur continent. Cette année, Au Ghana, l’on estime que le PIB croitra de 13 % environ alors qu’au Rwanda celui ci devrait augmenter d’à peu près 6%. Ces deux pays ne sont pas arrivés à ces résultats étonnants du jour au lendemain. Un long travail d’assainissement du milieu des affaires, de l’éducation et des institutions publiques ont été les précurseurs de ces boums économiques.

Mais, là s’arrête les similarités entre ces deux différentes nations. Sur le chemin de la croissance économique, elles ont en effet pris des voies politiques différentes. Si au Ghana les autorités publiques ont amorcé un tournant résolument démocratique depuis la fin des années 90, au Rwanda il en est tout autrement. En effet, au pays des mille collines, le pouvoir est essentiellement concentré – pour le meilleur ou le pire - dans les mains d’un homme à savoir Paul Kagamé, garant du développement et de la sécurité de la nation.

Ainsi, si au Ghana l’avenir semble assuré, au Rwanda il est risqué d’avoir de tels espoirs. Ce pays n’est pas à l’abri de ce que je pourrai qualifier d’un syndrome à l’ivoirienne, c'est-à-dire l’effondrement économique et politique d’une nation suite à la mort de l’homme qui incarnait l’État et concentrait tous les pouvoirs entre ses mains. Comment ne pas penser à l’impressionnante croissance économique de la Côte d’ivoire de l’époque Houphouët Boigny et à la toute ahurissante descente aux enfers que ce  même pays a connu suite à la mort de son père fondateur? Cet exemple illustre parfaitement la phrase lancée aux dictateurs africains par  monsieur Obama lors de son séjour ghanéen de 2009 : « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, elle a besoin d’institutions fortes ». Actuellement, le Rwanda est, du moins, économiquement sur le bon chemin. Il est l’un des rares pays africains sinon le seul où il existe une couverture maladie publique et universelle. Le taux d’éducation est en croissance exponentiel, de même que les investissements étrangers. Fort de ses succès, Paul Kagamé aurait tout intérêt à se retirer du pouvoir comme prévu en 2017 - soit la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel - et promouvoir l’installation d’une réelle démocratie dans son pays. Passer la main d’une telle manière ne serait pas sans rappeler le général Rawlings, véritable héros national au Ghana, qui comme lui les circonstances historiques amenèrent à être le père de la démocratie et du développement économique de sa nation. Le despotisme à la Kagamé que l’on peut qualifier à la limite d’éclairé n’est pas une solution viable à long terme. Seule la démocratie peut garantir dans le temps les acquis économiques et sociaux de nations aussi complexes que les États africains car elle permet à chacun de s’exprimer librement et évite ainsi que certaines franges de la population se sentent brimées ou ostracisées.

Aujourd’hui, les Africains se servent de modèles extérieurs qu’ils essaient d’imiter pour se développer. Mais, les facteurs qui ont permis à des états comme la Corée du sud de devenir ce qu’ils sont actuellement ne sont pas forcément applicables sur le continent noir. L’Afrique a besoin de ses propres modèles pour gagner son pari sur la pauvreté. La réussite économique et démocratique du Ghana doit servir à ses voisins et pourquoi ne pas créer un effet domino. La démocratie dans ce pays a fait ses preuves et l’on doit en faire la promotion sur tout le continent.

dimanche 1 mai 2011

Ces évènements qui nous ont marqués ces derniers jours

Quoi de mieux qu'un bon petit classement pour débuter ce blog ?

mon premier top 5  sera donc un retour sur les évènements politiques qui nous ont marqués et continuent d'avoir une influence sur nos vies en ce début d'année. N'oubliez pas, d'autres top 5 drôles et sérieux du monde politique suivront au cours des semaines.

5: Au Canada, ces dernières années se suivent et se ressemblent, du moins en politique. À la tête d’un gouvernement minoritaire depuis 2006 – son mandat a été renouvelé en 2008 pour un autre gouvernement minoritaire – Stephen Harper se voit contraint d’affronter à nouveau le verdict des urnes le 2 mai prochain. Ainsi, depuis deux semaines, on voit arpenter d’un océan à l’autre les différents leaders politiques en mal de voix électorales. Dans les différents camps, les promesses et les coups bas fusent. Encore aujourd’hui, aucun parti politique ni aucun candidat ne se démarque de manière extrêmement significative. Donc, il serait bien ironique qu’après 300 millions de dollars dépensés et un vote où le taux de participation risque d’être désespérant, que l’on se retrouve à la case départ avec à Ottawa un gouvernement conservateur minoritaire à la tête du pays.
4e: Actuellement, si une étude était menée au niveau des médias pour voir le nom du continent le plus souvent cité dans les différents articles, il ne serait point étonnant de voir l’Afrique à la première place. De nombreux soulèvements populaires sont venus la secouer ces derniers mois. Nombreux y verront les signes de la déchéance de ce continent tandis que moi je préfère y voir le signe d’une prise de conscience des peuples, étape préliminaire à l’émancipation et au développement de toute société. Justement, en Côte d’Ivoire, après 10 années d’une crise politique et quatre mois d’une présidentielle rocambolesque, les derniers dés sont en train d’être jetés. Laurent Gbagbo l’usurpateur de pouvoir, reclus dans son bunker à Abidjan, acculé de toutes parts, continue à résister dans une folie suicidaire et meurtrière. Dans quelques jours, au moment où le cauchemar de ce pays sera terminé, espérons que les Ivoiriens et les Africains dans leur ensemble sauront prendre les leçons de ce désastre et aller de l’avant pour que plus aucune nation de ce continent n’ait à le revivre.
3: Des catastrophes naturelles naissent souvent de grandes décisions politiques. Suite au terrible tremblement de terre japonais suivi d’un tsunami le 11 mars 2011, on assiste à une levée de boucliers d’un point à l’autre du globe. Une gestion opaque de la crise par le gouvernement nippon à la centrale nucléaire de Fukushima a remis d’actualité la dangerosité de ce type d’énergie. On assiste de par le monde à une recrudescence du débat politique sur l’abandon du nucléaire. Ici au Canada, le sujet sera intensément débattu tout au long de la campagne électorale. Les Allemands viennent de décider la fermeture progressive de leurs centrales à partir de 2020. Après d’intenses débats, le parlement européen quant à lui n’arrive toujours pas à tomber d’accord sur un projet commun concernant la question. Les Américains « riscophiles » persistent et signent : « le nucléaire est et restera un élément important de la politique énergétique américaine ». Mais peut-on vraiment se passer de cette source d’énergie? Le débat est ouvert.  
2: En ce début d’année, au niveau de l’actualité politique, la vieille Europe n’est pas en reste. La crise économique, véritable fossoyeuse de gouvernement, y a fait de nombreuses victimes. On se souvient du gentil et corpulent premier ministre irlandais Brian Cowen, plein de belles promesses sur la reprise économique de son pays. Il a perdu son poste en mars! Au Portugal, depuis le 23 mars, le pays est sans gouvernement suite à la démission de son premier ministre José Socrates. En Espagne – candidat très probable pour être le prochain État européen à demander l’aide du FMI – le premier ministre Zapatero vient d’annoncer qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession en 2012, au moment où le pays est confronté à un chômage frisant les 20%! Demain, des secousses politiques s’annoncent en Grèce. L’Italie de Berlusconi criblée de dettes et de scandales de mœurs ne sera pas non plus en reste. Les temps qui arrivent s’annoncent durs, mais on peut parier que l’Europe saura se réinventer avec de la volonté et pourquoi pas la création d’une union politique aussi forte que l’union économique actuelle.
1er : Il y a de cela seulement cinq mois, personne n’y aurait espéré, personne n’aurait même osé y croire. On pensait – à tort – que les peuples arabes étaient réfractaires à la démocratie. Il aura fallu une flamme allumée, la mort d’un être désespéré, ne se voyant aucun avenir, continuellement brimé par les autorités de sa petite ville de Tunisie pour remettre en question l’ordre ou si j’ose dire les diktats imposés à plus de 200 millions d’êtres humains. Du Maroc à la pointe de la péninsule arabique, aucun pays ne peut se targuer de n’avoir pas eu à subir d’une manière ou d’une autre les soubresauts de la révolution arabe et tunisienne. Aujourd’hui, ce vent de liberté butte sur les gratte-ciels de Manama ou encore sur les dunes de Misrata. Demain, nul ne peut dire ce qui attend le monde arabe ou l’humanité dans son ensemble. La seule certitude que l’on puisse avoir est que de nombreuses dictatures – pas seulement moyen-orientales ou africaines – tremblent. La donne a vraiment changé, les moyens de communication plus développés aidant, les peuples sont épris de liberté et il sera extrêmement difficile de ne plus assouvir leurs attentes.