D’Athènes à Washington en passant par Rome ou encore Lisbonne, les médias n’ont qu’un mot à la bouche pour nous apeurer, la dette! À juste titre, si ce problème n’est pas résolu, nous risquons fort bien de rentrer dans une seconde phase de la crise économique de 2008. Cette fois, les dommages seront bien plus importants car ce seront les États et non le secteur privé qui seront touchés en premiers.
Le monde « développé » se trouve actuellement à la croisée des chemins. Ces dernières décennies, il a principalement financé sa croissance par l’emprunt étranger. Les ménages et les finances publiques s’y retrouvent donc dans une situation précaire. Le monde en développement aussi se retrouve dans une situation toute aussi problématique. En effet, le moteur de la croissance des principaux pays émergeants se retrouve dans la consommation des pays riches. Si d’avenir, l’Occident n’arrivait plus à acheter les produits manufacturés chinois, l’expertise brésilienne ou encore l’énergie russe, une crise sans précédent naitrait aussi au « Sud ».
Nous voyons donc qu’aucun État ne veut sa faillite et n’a intérêt à voir les autres se retrouver dans une telle situation. Pourtant, il existe des solutions. Le moment est venu pour que les politiques prennent des décisions fortes sinon nous allons tous droit dans le mur. Deux chemins complémentaires peuvent être empruntés pour résoudre cette crise en devenir. L’idée serait que les nations retrouvent leur vocation d’État-providence, qu’elles puissent se financer par les impôts plutôt que par la dette et que le profit à long terme plus difficile prime sur celui à court terme.
Tout d’abord, il faudrait que l’on fasse la critique de ce néolibéralisme tant vanté depuis les années 80. Couper à tout va dans les services publics de l’État et privatiser pour gagner supposément en efficacité n’est pas la solution miracle. En général, même si en absolu l’on devient plus riche, de telles actions n’entrainent qu’une précarité accrue des masses populaires et un enrichissement de certaines minorités. Des études montrent que depuis 2000, 66% des augmentations du PIB aux USA sont allées à 1% des Américains les plus riches. La Grèce est aussi un autre parfait exemple. Après deux années de coupes budgétaires et de privatisations, le pays va de mal en pis. Les nations doivent revenir au modèle de l’état providence où tous les citoyens contribueraient honnêtement et en fonction de leur revenu au budget de l’État. Ce dernier en contre partie s’assurerait d’une redistribution équitable des richesses à travers ses programmes sociaux. De cette manière, la paix sociale, garante de tous troubles, existerait. Entendons nous bien, nous ne ventons pas ici des pratiques communistes mais plutôt un système d’État social qui a fait ses preuves dans les pays scandinaves et même ici au Canada. Pour revenir à la Grèce, le problème de ce pays est que personne – surtout les plus riches- ne veut payer d’impôts. Dans de telles conditions, l’État grecque ne peut exister.
Ensuite, ce même néolibéralisme a conduit les États à s’effacer progressivement fasse aux marchés et à la dictature du capital. Aujourd’hui, les grandes banques et autres agences de notations font tanguer les taux d’intérêts sur la dette de certaines nations de manière mercantile et exagérée. Ces pauvres grecs ont vu ainsi leurs taux d’emprunts atteindre le chiffre record et fantaisiste de 17,7% mi juin. Demander un tel intérêt sur la dette grecque ne fera qu’étouffer encore plus cette dernière au profit de certains intérêts privés. Dans une telle situation déraisonnable, Il aurait fallu qu’une instance politique puisse intervenir pour calmer les ardeurs du marché. Penser que le laisser faire et « la main invisible » du marché feraient en sorte de régler tous les problèmes économiques est une utopie. Quand l’intérêt général est menacé, des barrières doivent être imposées au marché et pour cela les États doivent récupérer leur pouvoir.
Ainsi, cette crise de la dette nous interpelle à demander un changement profond dans la politique de nos pays. Une politique de consommation raisonnable, un capitalisme moins débridé et une redistribution équitable des richesses sont les seuls garants d’un avenir sain.

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