dimanche 24 juillet 2011

La crise qui arrive



D’Athènes à Washington en passant par Rome ou encore Lisbonne, les médias n’ont qu’un mot à la bouche pour nous apeurer, la dette! À juste titre, si ce problème n’est pas résolu,  nous risquons fort bien de rentrer dans une seconde phase de la crise économique de 2008. Cette fois, les dommages seront bien plus importants car ce seront les États et non le secteur privé qui seront touchés en premiers.

Le monde « développé » se trouve actuellement à la croisée des chemins. Ces dernières décennies, il a principalement financé sa croissance par l’emprunt étranger. Les ménages et les finances publiques s’y retrouvent donc dans une situation précaire. Le monde en développement aussi se retrouve dans une situation toute aussi problématique. En effet, le moteur de la croissance des principaux pays émergeants se retrouve dans la consommation des pays riches. Si d’avenir, l’Occident n’arrivait plus à acheter les produits manufacturés chinois, l’expertise brésilienne ou encore l’énergie russe, une crise sans précédent naitrait aussi au « Sud ».

Nous voyons donc qu’aucun État ne veut sa faillite et n’a intérêt à voir les autres se retrouver dans une telle situation. Pourtant, il existe des solutions. Le moment est venu pour que les politiques prennent des décisions fortes sinon nous allons tous droit dans le mur. Deux chemins complémentaires peuvent être empruntés pour résoudre cette crise en devenir.  L’idée serait que les nations retrouvent leur vocation d’État-providence, qu’elles puissent se financer par les impôts plutôt que par la dette et que le profit à long terme plus difficile prime sur celui à court terme.

Tout d’abord, il faudrait que l’on fasse la critique de ce néolibéralisme tant vanté depuis les années 80. Couper à tout va dans les services publics de l’État et privatiser pour gagner supposément en efficacité n’est pas la solution miracle. En général, même si en absolu l’on devient plus riche, de telles actions n’entrainent qu’une précarité accrue des masses populaires et un enrichissement de certaines minorités. Des études montrent que depuis 2000, 66% des augmentations du PIB aux USA sont allées à 1% des Américains les plus riches. La Grèce est aussi un autre parfait exemple. Après deux années de coupes budgétaires et de privatisations, le pays va de mal en pis. Les nations doivent revenir au modèle de l’état providence où tous les citoyens contribueraient honnêtement et en fonction de leur revenu au budget de l’État. Ce dernier en contre partie s’assurerait d’une redistribution équitable des richesses à travers ses programmes sociaux. De cette manière, la paix sociale, garante de tous troubles, existerait. Entendons nous bien, nous ne ventons pas ici des pratiques communistes mais plutôt un système d’État social qui a fait ses preuves dans les pays scandinaves et même ici au Canada. Pour revenir à la Grèce, le problème de ce pays est que personne – surtout les plus riches- ne veut payer d’impôts. Dans de telles conditions, l’État grecque ne peut exister.

Ensuite, ce même néolibéralisme a conduit les États à s’effacer progressivement fasse aux marchés et à la dictature du capital. Aujourd’hui, les grandes banques et autres agences de notations font tanguer les taux d’intérêts sur la dette de certaines nations de manière mercantile et exagérée. Ces pauvres grecs ont vu ainsi leurs taux d’emprunts atteindre le chiffre record et fantaisiste de 17,7% mi juin. Demander un tel intérêt sur la dette grecque ne fera qu’étouffer encore plus cette dernière au profit de certains intérêts privés. Dans une telle situation déraisonnable, Il aurait fallu qu’une instance politique puisse intervenir pour calmer les ardeurs du marché. Penser que le laisser faire et « la main invisible » du marché feraient en sorte de régler tous les problèmes économiques est une utopie. Quand l’intérêt général est menacé, des barrières doivent être imposées au marché et pour cela les États doivent récupérer leur pouvoir.

Ainsi, cette crise de la dette nous interpelle à demander un changement profond dans la politique de nos pays. Une politique de consommation raisonnable, un capitalisme moins débridé et une redistribution équitable des richesses sont les seuls garants d’un avenir sain.

mardi 19 juillet 2011

US-China un beau Duo

En trois ans, si vous avez toujours du mal à comprendre la dernière crise économique, si vous trouvez les relations USA-Chine assez floues, cette petite vidéo assez osée pourrait bien vous aider à y voir plus claire.


dimanche 10 juillet 2011

Chicken To change

l'Afrique du Sud d'aujourd'hui ? Freshlyground est un groupe sympathique en provenance de ce pays. Ils nous offrent une belle et drole performance sur le dictateur qu'est devenu Robert Mugabe

Un semblant de balkanisation

Cette fin de semaine, la planète a accueilli une nouvelle nation indépendante en son sein. Ayant votés à plus de 98% pour l’autonomie de leur région en Janvier dernier, les natifs du sud du Soudan ont maintenant leur destin en mains.

Pour comprendre cette indépendance, il faut connaitre la défunte république du Soudan unifiée. Troisième producteur de pétrole africain – donc aiguisant les appétits énergétiques et géopolitiques -, sa population est essentiellement composée d’arabophones musulmans et de subsahariens chrétiens. Tristement célèbre pour le génocide du Darfour, il y a toujours eu dans ce pays depuis son indépendance en 1956 une confrontation armée entre un Nord dominant et un Sud opprimé. Avec plus de 2 millions de morts principalement attribuable à l’armée nordiste, l’histoire de ce pays s’est accélérée dernièrement. En 2005, dans un « suspect » accident d’hélicoptère, mourrait John Garang, Vice président du Soudan, premier dirigeant sudiste et promouvant un Soudan unifié de type fédéral ou le Sud aurait une très large autonomie. Ce dernier mort, les pro-indépendances, les conseillers occultes et les ultras de tous bords avaient la voie libre.

Devant l’engouement planétaire qu’a suscité l’indépendance de cette nation, il serait naïf de penser que ce sont des principes humanistes qui ont guidé certains États à soutenir mordicus le Sud dans cette voie. En matière de relations internationales, chaque nation agit au gré de ses intérêts.  Il ne serait pas étonnant de voir la nouvelle administration sudiste redistribuer les cartes de l’exploitation pétrolière dans cette région. Tous les profits reviendraient à ses alliés internationaux qui l’ont soutenu dans son émancipation et au détriment des autres qui sont restés fidèles à la ligne nordiste. Espérons que les populations du nouvel État verront la manne financière tant promise.


Aujourd’hui, les Sudistes ont leur État, mais d’État il s’agit d’une république fantôme où il n’existe presqu’aucune infrastructure  digne de ce nom. Ce pays aurait mieux fait de suivre la voie de Garang  qui prêchait pour un Soudan fédéral ou le Nord n’opprimerait plus le Sud, un Soudan fédéral ou les deux provinces auraient pu coopérer honnêtement à leur développement commun. Maintenant, le Nord qui n’a jamais vraiment voulu jouer franc jeu se retrouve amputé de la majeure partie de ses réserves pétrolières alors que le Sud lui perd son administration et les industries de raffinages qui se trouvent dans la partie arabophone du pays.

Au-delà du Soudan, cette indépendance  pourrait devenir - je le pense - pour l’Afrique un véritable désastre. Elle traduit en effet l’échec de différentes franges d’une population vivant au sein d'un même État à coexister pacifiquement. La colonisation du continent a entraîné la naissance de nations aux populations hétéroclites. Là où il existe des foyers de tensions, les gouvernements doivent mieux respecter les droits de tous leurs citoyens sinon ce précédent risque de faire boule de neige au niveau de nombreux groupuscules sécessionnistes. Dans une Afrique ou les différences ethniques, linguistiques et confessionnelles sont la norme et pas l’exception au sein des États, l’indépendance du Sud Soudan est un épisode à rapidement oublier. Un siècle après la conquête de l’Afrique par l’Europe, cinquante années après l’acquisition de nos indépendances, quinze ans après le génocide rwandais, de nombreux gouvernements ont encore du mal à trouver une identité nationale commune à chacun ; socle indispensable pour un développement harmonieux et durable.

Le principal défi de la future génération de dirigeants africains sera de trouver un projet de société commun à toutes les composantes de leur nation. Avec 54 pays, l’Afrique ne peut se permettre une balkanisation. Il en va de son prestige et de sa capacité à faire face aux autres régions du monde dans le futur. Une intégration régionale de chaque nation au sein d’une Union africaine plus forte ayant une même monnaie, une politique extérieure et  de défense commune est encore une utopie, mais elle serait le plus beau rêve qui puisse arriver à ce continent.


Pour  en revenir au Sud Soudan,  la seule certitude que l’on puisse avoir c’est que la tâche ne lui sera pas aisée. Espérons que la naissance de cet État ne sera pas une énième déception africaine. 

mercredi 6 juillet 2011

l'actu en patates

le blog de Martin Vidberg (dessinateur, cultivateur, interprète) ou comment expliquer l'actualité internationale grâce à des patates.

http://vidberg.blog.lemonde.fr/2011/07/

vendredi 1 juillet 2011

2012, politique et extrêmes

2012 sera sans aucun doute une année à suspens. Au risque de décevoir certains fatalistes, elle ne le sera pas pour sa fin du monde tant annoncée. En décembre 2012, au moment où l’humanité sera toujours présente sur terre, de nombreux pays auront vécu des élections présidentielles qui risquent d’avoir un impact sur le reste de la planète. En effet, pour ne citer qu’eux, Français, Russes et Américains auront à choisir – on l’espère librement pour tous – le dirigeant qui présidera à leur destinée.

En Russie, l’on peut d’ores et déjà dire quels sont les potentiels et mêmes très probables personnages qui se disputeront la présidentielle. Vladimir Poutine « le Dur », actuel premier ministre et Dimitri Medvedev « le bon », actuel président de la république seront les principaux protagonistes de la bataille politique à venir. Tous deux affiliés au parti au pouvoir Russie Unie, ils  écraseront la concurrence tant leur parti est prédominant dans le paysage politique de l’ex URSS. Ne précisons pas non plus que l’opposition officielle y est très malmenée.

Aux États-Unis, cela fait déjà trois ans que Barak Obama a été élu et il devra défendre son poste l’année prochaine face au républicain qui sortira vainqueur des primaires de son parti. Avec une crise économique et deux guerres désastreuses pour son pays, il s’en est plutôt pas mal sortie même s’il n’a pas pu éviter quelques déceptions parmi ses partisans. Opposé à un congrès acquis au Grand Old Party, taxé  parfois de gauchiste, il a du durcir sa politique ces derniers temps pour contrer les républicains.

En France, à 10 mois des élections présidentielles, la seule certitude que l’on puisse avoir c’est qu’elles seront très ouvertes. Aucune tendance politique et même aucun parti politique n’arrive à se démarquer de manière notable par rapport à ses concurrents. Seule l’extrême droite de Marine Le Pen – sensée être moins à l’extrême que son père – est pressentie comme pouvant faire quelques poussées électorales et peut être même créer la surprise.

Après ce tour d’horizon, s’il faut retenir une chose c’est que ces nations se trouvent à la croisée des chemins. La crise économique et leurs difficultés quotidiennes les conduisent vers la tentation des extrêmes. Aux USA par exemple, le Tea Party n’en finit plus de faire des adeptes. Après « l’épouvantail » Sarah Palin, ce mouvement nationaliste a une nouvelle égérie en la personne de Michele Bachman, plus posée mais qui au fond fait encore plus peur par ses idées que madame Palin. En France, la droite traditionnelle, actuellement au pouvoir, succombe à la tentation de chasser sur les terres de l’extrême droite. Cela se traduit par une politique plus agressive et populiste à l’encontre des boucs émissaires des déboires que vit actuellement ce pays. En Russie, Medvedev nous avait habitués à une politique plus douce que son prédécesseur. Le « retour » du karatéka Poutine à la magistrature suprême pourrait être le signe d’un durcissement de la politique du kremlin.

Pourtant, le repli sur soi n’est pas la solution. Il est triste de voir que les politiciens jouent sur la peur de l’autre et de leurs concitoyens pour espérer se faire élire. Finalement, peut être bien que les charlatans de tous bords ont juste mal interprété le calendrier maya. Au lieu d’y lire la fin du monde, peut être bien que ces anciens peuples ont essayé de nous prévenir contre le retour des extrémismes et des populismes au pouvoir, sources de biens d’autres troubles.