lundi 23 mai 2011

La Pax Americana, Israël et les Palestiniens

Pour Barack Obama, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas, du moins diplomatiquement. Il y a deux semaines, il annonçait fièrement à la face du monde la mise hors d’état de nuire du terroriste le plus recherché de la planète: Oussama Ben Laden. La semaine suivante, devant toutes les télévisions du monde, il recevait un camouflet public de la part du 1er ministre israélien Benyamin Netanyahou. En effet, ce dernier a rejeté en bloc les principales propositions du plan américain sur la création d’un État palestinien conseillant à Israël de se retirer dans ses frontières d’avant le conflit israélo-arabe de 1967.

Avec  les commémorations du 63ème anniversaire de la création de l’État d’Israël et en même temps de la nakba - soit le début de l’exode de milliers de Palestiniens de leur terre natale – des manifestations ont entrainé la mort de dizaines de personnes aux frontières de l’État hébreu. Israël a le droit d’exister au Moyen-Orient mais les Palestiniens ont tout autant le droit d’avoir un État viable. Aujourd’hui, les gouvernants israéliens ne comprennent malheureusement pas qu’ils devraient profiter de leur position de force et de celle de leur allié américain pour trouver une solution durable au conflit les opposants à leurs voisins arabes. Ils ne comprennent pas que l’histoire est comme une roue continuelle et qu’ils n’ont aucune garantie que, dans un avenir proche, les rapports de force n’auront pas changé dans cette partie du monde. De plus, la Pax Americana, leur assurant une certaine sécurité, commence à montrer des signes d’essoufflement.

Concept né à la fin de la seconde guerre mondiale, la Pax americana désignait ou, si l’on peut le dire, désigne encore aujourd’hui la relative forme de paix sociale assurée par les États-Unis d’Amérique chez ses alliés et dans le reste du monde. Suite à la Seconde guerre mondiale et face au bloc soviétique, l’Amérique s’était donnée la mission de protéger les intérêts capitalistes de par le monde. À la fin des années 90, donc après la chute de l’URSS, le pays de l’oncle Sam s’est retrouvé catapulté sur le devant de la scène comme le seul et unique gendarme du monde.

Une décennie d’hégémonie mondiale  aura suffi à ébranler cette Pax Americana. De L’Amérique du sud à l’Extrême-Orient, nous assistons à la montée d’un monde multipolaire où chaque nation entend bien faire respecter ses droits. Au Venezuela, le début du 21ème siècle aura vu s’installer au pouvoir un certain Hugo Chavez, socialiste et nationaliste à l’extrême, qui n’a pas hésité une seconde à remettre en question l’autorité des États-Unis sur sa région du monde. La Chine,deuxième puissance du monde, compte bien concurrencer l’Amérique sur tous les fronts. Économiquement, elle s’est mise en tête de rattraper son ami  - ou ennemi, au choix – états-unien. Militairement, là non plus, elle ne compte plus se laisser faire ; des porte-avions y sont en construction et Taiwan est dans sa ligne de mire. Mais le plus bel exemple de la fin probable de cette Pax Americana est la difficulté que l’Amérique a eu à imposer son autorité au Moyen-Orient. Deux semaines après l’annonce  de la mort d’Oussama Ben Laden, s’il y a bien une chose que l’on peut dire c’est que les GI’s  ont enfin une porte de sortie honorable en Afghanistan. En effet, après onze années d’un conflit meurtrier et quelques milliers de milliards de dollars dépensés, cette guerre a été purement et simplement un désastre humain et financier.

Israël ne pourra pas compter éternellement sur l’aide américaine pour assurer sa sécurité. Rabrouer ainsi les propositions de paix de monsieur Obama est un jeu dangereux à la longue. Ce pays a tout à gagner à s’engager dans la voix d’une paix durable en acceptant de revenir à ses frontières de 1967 et en accordant un État viable aux Palestiniens. Un tel comportement signerait à coup sûr la fin des organisations terroristes de cette région du monde. Celles-ci ne pourraient plus se nourrir de la haine et des rancœurs envers Israël pour essaimer.  Ainsi, une paix durable pour l’État hébreu, les pays arabes et nous tous, qui sommes touchés d’une manière ou d’une autre par ce conflit, s’engagerait enfin. 

2 commentaires:

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  2. Bien optimiste est celui qui pense qu'Israel puisse accepter de revenir aux frontières de 67.
    L'article donne les grandes lignes mais il ne faut pas oublier que le conflit est en réalité extrêmement complexe. Pour cette raison il est assez irréaliste d'envisager des éléments de réponse ne faisant intervenir que le trio de pays Is.+Pal.+US. Par la force de l'Histoire et de la géographie, un grand nombre des pays de la région a été imbriqué dans ce conflit (Syrie Jordanie...). Ça fait mnt plus de 15 ans (càd depuis le début du processus de Paix initié à Oslo en 93) que l'oncle Sam tente de régler ne serait-ce que les Q d'ordre géopolitiques : reconnaissance mutuelle des 2 nations, contiguïté des territoires,traçage des frontières, question du devenir des colonies... Aussi puissant soit-il, les résultats sont loin d'être aux rdv. Et pourtant des rdv, il y en a eu! résolutions du Conseil de Sécurité des NU, négociations bilatérales, conférences de Paix et tout le kit... En fait, depuis Oslo, ça ne bouge + vraiment. C'est dire son impuissance face aux autres problématiques non moins importantes du conflit (statut de Jérusalem, partage des lieux saints, partage de l'EAU, statut des réfugiés ou des arabes israéliens et des arabes juifs ....voir à ce sujet l'excellent documentaire de RDI d'il y a 2 semaines). À mon humble avis, rien ne bougera tant que les pays arabes ne feront pas corps pour placer leurs pions sur l’échiquier. Mais pour le moment, les pions sont multicolores, et bien cachés derrière leur drapeau blanc (ou plutôt palestinien au recto, US au verso). Enfin bref mon cher Daye, j'aime tjrs ton optimisme inébranlable, et oui, la "paix durable" viendra peut être... Mais sûrement pas demain.

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